Avoir le courage de regarder en avant

Aziz Acharki


J’ai beau être parfois paresseuse, avoir envie de m’emmitoufler dans une doudou pour lire un bon livre sans bouger pendant des heures, adorer me glisser dans mes draps le soir après une longue journée, je demeure, dans l’âme, une lève-tôt. Même si je fais le party jusqu’aux petites heures, même si je n’ai rien de planifié pour mon samedi, j’aime le fait d’avoir une longue journée devant moi, d’avoir du temps.

Ce matin, en direction vers Montréal, j’ai pu admirer le spectacle de la nature : le lever du soleil. Le ciel était parsemé de rose, de bleu, de teintes d’orangé et de mauve. C’était magnifique, touchant et inspirant. Ce genre de moments, gratuit, spontané et souvent inattendu me donne l’impression que la vie nous donne un petit coup de pep quand on en a besoin.

Parce que ce n’est pas parce que j’ai la langue à terre, que je suis vidée des derniers mois de durs labeurs, que je manque d’énergie et que je compte les heures avant mes vacances que ça m’empêche d’apprécier les petits plaisirs de la vie, les moments magiques, les parcelles de bonheur semées sur mon chemin. On s’accroche à ce que l’on peut comme on dit!

Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc et chaque journée est une nouvelle opportunité. La chose que je ne fais jamais ou du moins que je tente de ne pas faire, c’est de traîner mon passé avec moi, de le laisser polluer mes journées. Une journée, c’est 24 heures de possibilités, c’est 1 440 minutes d’occasions de faire le bien, d’être heureuse et de m’accomplir. Si j’ai failli hier, c’est chose du passé. Rien ne sert de contaminer mon nouveau bloc de temps avec quelque chose sur quoi je n’ai plus d’impact.

Je n’ai jamais compris les gens trop nostalgiques qui ont à leur remorque une panoplie de regrets, de souvenirs douloureux ou qui, simplement, vivent dans le passé. Dans ma tête, la seule chose qui me vient c’est « mais, c’est fini, pourquoi t’acharnes-tu? » Contrairement à ces gens qui dépensent de l’énergie à remuer les vieux sentiments, je préfère me concentrer sur le moment présent et saisir le futur. Pour ce faire, on doit se pardonner nos erreurs et faire le vide en mettant de côté ces relents de vie.

Accepter ce qui est survenu avant et se libérer de sa culpabilité est un grand pas à franchir. Malgré ce qu’on a parfois comme impression, tout le monde a fait des choses moins glorieuses dans sa vie et nous avons tous des moments gênants, des mots ou des gestes disgracieux qui pèsent sur nos épaules si on y repense. Mais ce qui se passe dans notre tête nous appartient, il suffit d’exercer son esprit à vivre ce qui survient à l’instant au lieu de tout comparer au passé.

Ce matin, en regardant le soleil diffuser ses couleurs, je me suis dit que j’avais de la chance de pouvoir admirer une telle œuvre de mère nature et que peu importe la fatigue ou la frustration que j’avais ressenti hier, je devais apprécier ce moment et remercier la vie de me démontrer, encore une fois, qu’il vaut mieux regarder en avant.

Personne ne viendra cogner à notre porte pour nous offrir une vie de rêve ; c’est à nous de rêver et de poser les gestes pour vivre cette vie qu’on désire. Alors lâchons ce vieux passé poussiéreux et sortons de notre coquille pour embrasser ce futur si accessible. Victor Hugo disait :

« Le futur a beaucoup de noms. Pour les faibles, c’est l’insaisissable. Pour les téméraires, l’inconnu. Pour les courageux, c’est l’opportunité »

Photo : Unsplash | Aziz Acharki

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