Les coups de foudre humains

Joseph Pearson

Quand on est jeune et qu’on fréquente l’école, on a l’opportunité de faire plusieurs rencontres. On change d’amis ou on bonifie sa bande au gré de nos envies et des années scolaires qui défilent. La vie sème sur notre route une panoplie de personnes qui passent un temps ou qui restent, parfois pour la vie. Lorsqu’on devient adulte et qu’on quitte les bancs d’école, la dynamique change un peu. On a encore une période où on sort beaucoup et où les occasions sont encore présentes de rencontrer des gens qui nous ressemblent.

Arrive un temps, cependant, où ces possibilités de se faire de nouveaux amis sont moins fréquentes. Chacun se forge son petit cocon, que ce soit en couple ou simplement par une envie moins présente de sortir. Le métro-boulot-dodo use et nous garde plus loin de la fiesta. Alors si on change de région ou qu’on évolue dans une direction différente de nos compatriotes du temps scolaire, on cherche à trouver des gens qui collent mieux à notre nouveau style de vie.

Le nombre d’applications et de sites de rencontre grandit à vue d’œil mais il en va autrement pour les outils destinés à se faire de nouvelles amitiés. Et, pour l’avoir essayé, utiliser une telle application en indiquant clairement son désir de faire des rencontres amicales et non amoureuses n’est vraiment pas fructueux. La raison est fort simple : pratiquement personne ne lit les descriptions qui accompagnent les photos.

Tout cela pour dire que, quand un nouveau collègue arrive ou qu’une personne se joint à un groupe, c’est une opportunité qui se présente. Découvrir les autres, c’est grisant et rafraîchissant. Comme un petit vent de renouveau dans un décor commun. Et quand on a des intérêts à partager, c’est d’autant plus intéressant.

Je vous parle de ceci car c’est ce qui m’est arrivé dernièrement. Vous savez, le genre de rencontre qui donne un boost d’énergie, qui stimule intellectuellement, qui fait sentir vivant et qui vous donne de l’éclat, mieux que n’importe quelle visite chez l’esthéticienne. On m’a même demandé ce que j’avais changé ou fait pour avoir cet air en santé.

Ce que j’ai fait? Rien. J’ai simplement ouvert mon cœur et mon âme à ce nouvel échange, à cette rencontre impromptue qui me fait un bien fou. Car, souvent, on avance sans trop s’ouvrir à ce qui se déroule autour de nous, trop pressé à vivre notre vie mouvementée. Quand on prend le temps de percevoir l’énergie des autres autour de nous, qu’on trouve une personne qui vit sur la même tonalité que soi, c’est magique.

Tout comme en amour, il ne faut pas chercher l’amitié. Il faut simplement être prêt à la voir et l’accueillir quand elle se présente. S’ouvrir, lever le nez pour voir qui croise notre route. Ça paraît simple mais combien le font vraiment? Je sais que j’ai des périodes où je suis plus « sauvage » ou fermée à la connexion. Cet hiver rude a été particulièrement propice à cet état. Mais le beau temps aidant, je crois que cette petite étincelle a été suffisante pour m’éclairer sur ce qui m’entourait.

Je vous souhaite sincèrement ce type de situation. Que ce soit pour du court, moyen ou long terme, la création d’un lien humain est bénéfique. Je suis convaincue que, si des scientifiques étudiaient ce phénomène, ils découvriraient une certaine cohérence cardiaque entre les deux personnes.

C’est comme un coup de foudre humain, sans qu’il y ait attirance ou projet de vie à la clé. Un lien fort, une connexion, une vibration commune, au diapason. Et c’est là qu’on réalise que pour être heureux, ce n’est pas le salaire ou la voiture qu’on doit ajuster : c’est la nourriture de l’âme qu’on doit trouver. Et la mienne, elle est foncièrement humaine.

Photo : Unsplash | Joseph Pearson

Related Posts

Dustin Lee 2015, l’année de la confiance 15 octobre 2015
Vlad K. Un ballon ou un marathon? 25 novembre 2015