Les impacts pandémiques

Depuis le début de cette situation exceptionnelle, on s’ajuste, on s’adapte, non sans peine, à tous les bouleversements et les diverses annonces qui nous demandent de changer nos routines. Les masques, le lavage des mains, la distanciation… Tout ceci est maintenant intégré dans nos habitudes et on n’y pense même plus parfois, preuve de notre acclimatation malgré l’absurdité de la situation.

Toutefois, certains impacts sont majeurs et plus critiques que d’autres. Les nombreuses pertes d’emploi et fermetures d’entreprises, la flambée fulgurante des prix des maisons, la santé mentale qui en prend un sérieux coup et la hausse du prix de certains biens viennent chambouler de manière très importante la sécurité des gens. Tout ceci apporte un niveau de stress qu’on a rarement vu dans la société et bien qu’il soit normal qu’on s’attaque aux enjeux courts termes, il faudra bien un jour voir la réalité en face : on ne va pas si bien que ça.

Personnellement, mes nuits sont de mieux en mieux, j’arrive à me détacher de cette troublante période que l’on vit pour retrouver une certaine paix intérieure. Mais malgré tout, je sens que ça prend une énergie supplémentaire pour simplement vivre sereinement, ce qui est relativement dichotomique. Le manque de légèreté et de spontanéité dans ma vie me pèse et je sens que tout tient de peur comme on dit. On voit la lumière au bout du tunnel mais ciboulette qu’on le trouve long ce tunnel!

Hier, je suis allée faire l’épicerie dans un lieu où j’allais rarement avant. Je ne veux pas ici faire un débat sur les chaînes d’alimentation mais je n’ai pu m’empêcher de faire un petit exercice de calcul. Pour mettre en contexte… J’ai toujours été plus portée à aller chez IGA que dans les Super C ou Walmart.

Mais, je ne sais pas si c’est généralisé, depuis plusieurs mois, je trouvais que mon épicerie me coûtait vraiment beaucoup plus cher. J’avais beau acheter « en spécial », ne pas exagérer sur les produits considérés de luxe et cuisiner majoritairement tous mes plats, la facture ne cessait de grimper.

Alors hier, je suis allée au Super C pour faire mes achats. À mon retour, j’ai pris ma facture et j’ai calculé ce que m’aurait coûté les mêmes produits à l’autre bannière. Bonne joueuse, j’ai même cherché les spéciaux d’autres marques pour substituer ceux à prix réguliers, question d’être réaliste dans mon exercice.

Je m’attendais à un écart mais pas aussi grand. Pour une facture de 67.69$ au Super C, il m’en aurait coûté 87.31$ au IGA. J’étais sous le choc. Comment se fait-il qu’on soit si loin d’un équilibre? Comment justifie-t-on de facturer si cher des produits de même provenance? Car, on va se le dire, la défaite des conteneurs bloqués dans le port ne passe pas car toutes les bannières vivent le même calvaire…

Bref, cet exercice m’a permis de réaliser à quel point on nous tient pour acquis et surtout, que la beauté d’un lieu ça se paie. Vous me direz que la plupart des gens avait compris ça depuis longtemps. Sans doute, mais avec la pandémie, ce phénomène a été amplifié. Tout coûte plus cher, comme on l’a vu avec le bois traité l’été dernier, mais certains en abusent plus que d’autres.

On est déjà stressé et préoccupé par cette situation qui nous gruge notre énergie et nous fait craindre le pire dès qu’on doit sortir de chez soi, ce serait quand même bien qu’on n’ait pas à se mettre à douter de chaque commerçant.

Et comprenez-moi bien, je me considère comme privilégiée, travaillant dans un domaine qui a pu simplement se tourner vers le télétravail pour compenser la fermeture des bureaux. Je gagne bien ma vie, j’ai une maison, je n’ai rien pour me plaindre. Mais justement, moi qui n’ai pas la préoccupation de savoir si j’aurai assez de sous pour nourrir ma famille ce mois-ci, je me dois d’utiliser ma voix, aussi petite soit-elle pour soulever des enjeux que d’autres n’ont tout simplement pas le temps de décrier.

Cette pandémie a mis en lumière un manque cruel de ressources dans le réseau de la santé ainsi que sa lourdeur administrative, a démontré à quel point on manque d’agilité dans notre gestion des crises qui surviennent et surtout, a fait remonter les inégalités sociales. Alors s’il y a bien une leçon à tirer de cette horrible période, c’est qu’on a tous besoin les uns des autres et qu’on doit s’entraider, s’épauler et se servir de nos outils pour faire avancer le monde dans le bon sens. Voilà, c’est dit.

Sur une note plus positive et pour pallier cette grisaille (et au dernier petit coup de froid matinal), je vous invite à vous inscrire aux paniers bios de nos producteurs d’ici, qui travaillent d’arrache-pied pour nous offrir de merveilleux produits frais, biologiques et de grande qualité. Les bananes et les avocats qui ont parcourus des milliers de kilomètres n’ont rien de « normal » mais on s’y est habitués me direz-vous. La moindre des choses, c’est de compenser par des produits bien de chez-nous faits avec l’amour de la terre et l’espoir d’une relation plus saine avec les aliments. Vous en jaserez avec votre producteur, il vous transmettra assurément sa passion et sa vision de l’agriculture.

Pour les paniers bios, c’est par ici.

Photo : Unsplash – Gabriel Gurrola

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