Posts by "trouv" — Page 128

Savoir qui on est

Gaetano Cessati

Ce matin, je faisais du ménage dans mon iPad (j’ai la fâcheuse tendance à y enregistrer un peu n’importe quoi) et je suis tombée sur une citation d’un auteur inconnu qui m’avait interpellée (ça sert aussi à ça enregistrer n’importe quoi) :

Life is the most difficult exam.

Many people fail because they try to copy others, not realizing that everyone has a different question paper.

Et ça résonne en moi car quand j’étais plus jeune, je voulais tellement être comme les autres. Je voulais leur ressembler, je regardais les habillements, les habitudes, les comportements et je me comparais constamment. Comme si, peu importe ce que je faisais, je me jugeais toujours, me considérant jamais à la hauteur. J’étais donc toujours en train de m’adapter, de m’épuiser à être quelqu’un d’autre. Et je crois que c’est un comportement très commun chez les jeunes femmes d’aujourd’hui. Cette maladie de l’image, de la réputation, du paraître.

Quand on prend de l’âge et de la maturité, on finit par comprendre qu’on est qui on est et que c’est très bien ainsi. Et surtout, que notre individualité et notre caractère propre constituent nos principaux atouts puisque c’est ce qui nous distingue des autres. Et quoi de mieux que de sortir un peu du lot pour avancer et se faire connaître!

J’ai un prénom qui sort de l’ordinaire et plus jeune, il me dérangeait. J’ai fait l’objet de bien des railleries dans les cours d’école et ça m’a suivi pendant longtemps. Au début de ma carrière, j’ai eu la chance d’enseigner dans une école privée de mon domaine. Un étudiant m’a même déjà dit que j’avais le nom d’une danseuse qu’il avait croisé récemment… Aujourd’hui, dans mon spectre de travail qui est majoritairement masculin, ce prénom original annonce ma couleur, il me colle à la peau et on s’en souvient dès que je le prononce. J’en suis fière et je ne le changerais pour rien au monde.

On réalise avec le temps que notre perception des choses change avec les années et que notre esprit est très fort dans la distorsion. Il décide de voir les choses à travers un prisme et choisit sa face de prédilection. Sans qu’on s’en rende compte, on a une vision déformée d’une réalité et ça peut prendre des années avant de déprogrammer ce regard erroné d’une situation.

Trop se comparer aux autres ou porter une attention trop grande à ce que les autres pensent de nous (ou ce que nous croyons qu’ils pensent de nous), c’est accorder trop d’importance au paraître. Alors que l’important se situe à l’intérieur de nous, dans l’être, dans ce que l’on ressent, dans ce qui nous anime.

On ne plaira jamais à tout le monde, on ne sera jamais parfait et surtout on ne peut pas correspondre à tous les stéréotypes. À trop vouloir être quelqu’un d’autre, on perd notre essence et on s’éloigne de notre vraie personnalité. Et ça peut prendre des années ensuite à se reconnecter, à revenir à ce que nous sommes réellement. Ne laissons ni la publicité ni la société nous dicter un modèle, un moule strict. Soyons qui nous sommes, avec nos failles mais surtout, avec notre beauté, intérieure et extérieure. Exerçons notre esprit à remodeler ce reflet de nous-mêmes et remercions la vie d’être là, comme on est, tout simplement.

 

Photo : Unsplash | Gaetano Cessati

M. l’égo, ce grand trouillard

Leo Rivas-Micoud

Avoir confiance en soi et en ses capacités, c’est un travail de tous les jours. Par moment, on se sent pleinement dans notre élément et on ne doute pas alors que d’autres fois, on craint de se planter, de ne pas être à la hauteur. Et notre mental a un grand pouvoir d’influence sur nos aptitudes à réussir.

Hier, j’avais un cap important dans ma progression en course à pied : mon premier bloc de trente minutes de course consécutives. J’avais eu, la semaine dernière, l’étape des vingt minutes qui m’avait donné beaucoup de fil à retorde et que j’ai cru pendant un moment ne jamais parvenir à faire. Comme j’avais une rencontre de suivi avec mon entraîneuse hier, je lui ai d’emblée fait part de cette difficulté et de ma crainte devant cette demi-heure qui m’apparaissait comme une montagne insurmontable.

Et elle a su me rassurer en me rappelant que ces vingt minutes pénibles était un passage obligé et une préparation à ce qui s’en venait. En réalité, cette étape cruciale était beaucoup plus difficile que ma prochaine course. Je doutais mais j’ai décidé de lui faire confiance, elle qui m’accompagne si bien depuis le début, autant par ses encouragements que par son professionnalisme et ses exemples concrets. Et je ne cessais de me répéter : elle fait des marathons alors elle sait de quoi elle parle.

Alors j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée courir, attaquant chaque tranche de cinq minutes de manière isolée, en étant en contact avec mon corps et surtout en prenant cela à la légère, en admirant le paysage et les arbres magnifiques des rues paisibles de ma belle ville. Mon état d’esprit étant revigoré par les paroles de ma coach, je suis parvenue à faire cette course sans trop de douleur, sans épuisement et surtout dans la joie et le plaisir.

Et ça m’a fait réaliser à quel point notre mental peut être nuisible quand on le laisse partir en vrille dans une spirale de doute et de négativisme. C’est facile de laisser notre esprit nous dicter qu’on est incapable de faire quelque chose, qu’on n’a pas ce qu’il faut, qu’on n’est pas apte. Car l’égo prend tellement de place et ne veut tellement pas se planter qu’il préfère fuir et  se cacher dans sa zone de confort.

C’est réllement important de prendre conscience de cela pour avancer. Si on ne fait que se laisser guider par l’égo, on reste sur place, on ne tente rien et surtout, on se prive de plein de belles découvertes et expériences de vie enrichissantes. Se mettre à risque, partir à l’aventure, se confronter à l’inconnu, c’est se découvrir. Et c’est dans ces situations qu’on grandit le plus, qu’on évolue et qu’on gagne en maturité.

Il y a six semaines, je courais à peine trois fois cinq minutes et j’étais épuisée. Aujourd’hui, je cours  trente minutes dans le plaisir. Alors, simplement avec cet apprentissage, je sais maintenant que je ne dois pas garder dans mon esprit l’aspect difficile de la chose mais plutôt me laisser aller et avancer, sans réfléchir ni porter mon attention sur les pensées qui traversent mon esprit.

Ayons confiance en nos capacités et mettons de côté notre égo trouillard pour grandir et devenir meilleur. Comme quand on était enfant et qu’on ne réfléchissait pas avant de courir, de jouer, de s’amuser…

 

Photo : Unsplash | Leo Rivas-Micoud

Rendons grâce à la terre

Andy Chilton

L’Action de grâce servait à l’origine à célébrer les récoltes, à rendre grâce à Dieu pour les bonheurs reçus pendant l’année. En Europe, l’équivalent se trouve dans les fêtes de la moisson. La tradition veut qu’on y cuisine une dinde mais au Québec on en a surtout fait une fin de semaine pour fermer le chalet.

Je ne sais pas pour vous mais moi, c’est un congé comme un autre. En fait, en général, et ce fut le cas ce samedi, c’est un bon moment pour cuisiner et congeler des bons petits plats pour la saison où l’on manque cruellement de légumes frais d’ici. Prendre le temps de popoter, de se faire plaisir, de savourer ces récoltes abondantes qu’on nous offre, c’est dire merci à la terre à mes yeux.

Nous avons la chance d’être dans un coin du monde où la terre est riche, où nous ne sommes pas menacés à outrance par des catastrophes naturelles qui détruisent les cultures et les vies (mes sympathies aux haïtiens) et où chacun peut cultiver un petit potager dans sa cour arrière et même sur son toit. Avoir le plaisir de cueillir ses propres légumes et fines herbes me semble un privilège facile d’accès pour le peu qu’on ait une parcelle de terrain. J’en connais qui font des miracles sur un simple balcon en plein cœur de la ville donc il y a peu de raison pour ne pas en profiter.

Je ne sais pas si vous avez eu la chance de regarder la nouvelle émission de la diva de la cuisine, Madame Di Stasio? Que j’adore cette femme… Inspirante, sincère et passionnée, on ne peut pas la regarder nous parler de producteurs, de recettes et d’aliments sans avoir envie de se mettre aux fourneaux. Diffusée le vendredi à 20 h et en reprise le samedi à 14 h, ce trésor du petit écran reflète la générosité de la principale intéressée. Sous forme de carnets thématiques, l’animatrice propose, autour du thème culinaire, des rencontres riches et des produits d’ici qui vous mettrons l’eau à la bouche. Vous pouvez revoir les épisodes sur le site de Télé-Québec ici.

Ces temps-ci, ayant le temps de prendre mon temps, je me permet de regarder plus de télévision et je suis stupéfaite du talent qu’on a ici. Mes coups de cœur de la saison en rafale :

  • District 31 (Les séries policières américaines ont de quoi rougir)
  • Les Simone (Chapeau à Kim Lévesque-Lizotte pour son audace)
  • Di Stasio (Du pur bonheur)
  • Boomerang (Tellement hilarant)

Et je lève mon chapeau à TLMEP qui perdure et qui est toujours aussi pertinent. Hier soir, j’ai ri et été touché à la fois par les témoignages de Marilou et son mari de même que par le trio du film 1 :54.

L’automne, on a moins envie d’être dehors avec les matins frisquets et les soirées fraîches donc profitons de nos produits locaux pour se nourrir adéquatement et savourons les bijoux télévisuels d’ici pour encourager nos auteurs et créateurs de grand talent. Soyons fiers de ce que nous sommes (et de nos pommes)!

 

Photo : Unsplash | Andy Chilton

Rêvez-vous assez?

Megan Hodges

Vous souvenez-vous, dans votre enfance, de tous ces rêves qui traversaient votre esprit? Chaque jour révélait de nouveaux désirs, de nouvelles idées, des projets farfelus… je me souviens d’avoir changé de « plan de carrière » trois fois dans la même semaine…

On dirait que, une fois adulte, on se laisse embarquer dans un tourbillon incontrôlé qui nous empêche de rêver. On s’engage dans une route, on choisit un métier et puis, la roue s’emporte et dévale les côtes de notre existence à vive allure. Et parfois, on lève la tête, on regarde derrière et on constate tout ce temps déjà écoulé.

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, parfois, il faut foncer et s’investir dans quelque chose pour obtenir notre place au soleil. Mais des fois je me demande si on ne se met pas la tête dans le sable, si on ne vit pas à côté de notre vie. On avance, on continue sur le chemin tracé, sans trop se poser de questions. Mais quand a-t-on réellement décidé de prendre cette voie? À 16 ans? Pas certaine que j’avais la maturité pour décider du reste de ma vie à cet âge-là…

Je ne regrette pas du tout ma vie jusqu’à présent et je suis très fière du parcours que j’ai eu. Mais outre le boulot, je réalise que ma tête ne rêve plus autant, que je pense pratico-pratique, que je mesure et soupèse beaucoup au lieu d’écouter mon instinct. Je ne laisse pas assez mon esprit divaguer, sortir du cadre convenu.

Rêver, c’est se donner le pouvoir d’agir. On lit souvent : il faut vivre ses rêves et non rêver sa vie. Mais pour vivre ses rêves, on doit en avoir. Et j’ai parfois l’impression que je n’en ai plus, ou si peu. Comme si mon cerveau avait oublié comment rêver!

Je lis beaucoup et heureusement car chaque chapitre ouvre mon esprit à la rêverie, à un autre monde. Mais ce n’est pas le mien. C’est celui de l’auteur du bouquin. C’est mieux que rien me direz-vous mais s’il y a bien un rêve que j’ai c’est celui d’être capable de rêver à l’infini, que mon imagination explose et que je puisse me libérer de ce carcan logique et pragmatique dans lequel je me suis mise.

Rêver, ça ne coûte rien, ça rassure et ça détend. Bien sûr, il ne faut pas fuir la réalité dans le rêve mais plutôt tenter de bonifier sa vie de ses rêves les plus fous. Et souvent, d’un rêve naît une idée. Qu’elle se concrétise ou non, celle-ci permet d’avancer, d’espérer.

Je nous souhaite plus de rêves et d’idées car c’est ce qui ajoute la couleur à la vie. Et je terminerai sur une citation d’Oscar Wilde :

La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit.

N’est-ce pas beau?

 

Photo : Unsplash | Megan Hodges

La dure réalité

Je fais rarement de billet à saveur politique. Ce n’est ni l’objectif ni le style de ce blogue. Mais ce matin, en lisant la chronique de Rima Elkouri dans La Presse, je me suis sentie outrée et profondément gênée de notre premier ministre provincial. Je n’étais déjà pas impressionnée mais il me semble qu’on a atteint un point de non-retour.

Notre cher M. Couillard a déclaré ceci suite à la publication du rapport de la protectrice du citoyen qui faisait état des effets très réels de l’austérité sur les plus vulnérables :

Les discours sur les personnes vulnérables, les discours sur la solidarité, avec des finances publiques déséquilibrées et un endettement chronique, ce n’est que du vent.

Du vent? Je vous invite à lire la dite chronique pour comprendre la réalité de ces gens que l’on qualifie de vulnérables, des gens à qui une « bad luck » arrive et qui ne peuvent plus se relever. Des humains, comme vous et moi, qui, un jour, ont besoin d’aide. Et bien cette aide, elle ne suffit pas.

Je sais bien que je parle de tout cela assise devant mon écran, dans mon bureau à la maison, maison qui m’appartient, que j’ai lu cet article sur mon iPad et que je suis en congé que j’ai décidé de prendre pour me reposer. Une fois cela dit et assumé, laissez-moi vous exprimer mon point de vue : on n’a pas besoin d’être dans la merde pour la comprendre.

J’en ai vu et connu des gens qui ont eu des bouts difficiles qui survivaient de peine et de misère. Et je crois que ce qui manque cruellement à ce gouvernement et dont je suis capable de faire preuve comparativement à eux, c’est de l’empathie. On ne peut pas espérer que des gens qui ont tout perdu se relèvent facilement, retrouvent leur dignité et leur implication dans la société sans les soutenir et les aider adéquatement. On ne peut pas se surprendre que plusieurs décident de travailler au noir, car je n’ai aucune idée comment ils font sinon pour vivre avec 600$/mois.

J’ai déjà parlé de la série documentaire Naufragés des villes diffusée sur TOU.TV  et qui présentait 2 volontaires qui ont vécu la réalité des gens vivant de l’aide sociale pendant 2 mois. Moi, ça m’a marqué et fait comprendre bien des choses. Ça fait tomber les préjugés, ça remet à sa place le plus insensible.

Bref, tout ça pour dire qu’après avoir coupé dans les infrastructures et qu’on voit maintenant nos viaducs, nos hôpitaux et nos écoles qui se dégradent sur nos têtes, ce gouvernement a jugé bon de nous plonger dans l’austérité au nom d’un équilibre budgétaire incohérent. Résultat? Plus de pauvres, plus de souffrance… C’était ça votre objectif?

Qu’est-ce qu’ils connaissent ces gens, à la pauvreté? Eux qui ont des équipes complètes qui travaillent pour eux pendant qu’ils paradent devant les journalistes en nous mentant en plein visage? Désolée, mais je vous l’ai dit, ce matin, c’est la goutte de trop.

Je suis tannée de voir notre argent mal gérée, de sentir qu’on abuse de nous sans gêne et de voir leur sourire faux et dégradant en annonçant un nouveau projet dont on ne verra jamais le bout.

Ce que les gens veulent, c’est de l’électricité à un prix décent, des soins de santé accessibles, des écoles de qualité autant dans l’enseignement que les infrastructures, des lois, règles et normes qui font en sorte que nous ne détruisons pas la nature et l’environnement et des projets qui font de nous un peuple novateur, fier et inspirant pour le reste du monde.

Utopie? Je ne crois pas. Je pense qu’il faut juste avoir un cœur à la bonne place, un cerveau qui bouillonne d’idées nouvelles et des objectifs clairs. Mais on semble être en rupture de stock du côté de nos dirigeants…