Posts by "trouv" — Page 130

Une lecture éclairante

Annie Spratt

Connaissez-vous Josée Blanchette? Pas personnellement je veux dire mais la suivez-vous? Moi, c’est une femme que j’adore et que j’admire, pour sa lucidité et son ouverture d’esprit autant que pour son talent d’auteure et de communicatrice. Sa franchise et son audace font d’elle une grande journaliste. Elle lance aujourd’hui son plus récent ouvrage, Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, une vaste enquête sur le monde médical et particulièrement l’industrie du cancer.

D’entrée de jeu, il faut savoir qu’elle a elle-même subit cette industrie et c’est d’ailleurs ce qui a déclenché chez-elle ce désir de creuser et de mettre en lumière les déroutes de cette omerta. Atteinte d’un cancer du côlon, elle a décidé, en juin 2014, d’affirmer publiquement son refus de traitement, constatant que la chimiothérapie faisait des ravages sur son corps et réalisant à quel point aucune alternative n’était offerte aux patients.

Elle raconte d’ailleurs dans son livre qu’un oncologue est par définition simplement le spécialiste de la chimio. Pas de chimio, pas d’oncologue. On peut aussi y comprendre rapidement que les médecins ne peuvent pratiquement pas aller à l’encontre de cette pratique courante qu’est la chimio en cas de cancer tant l’industrie pharmaceutique a une main mise sur notre système de santé. On savait déjà qu’ils avaient le bras long mais on comprend que c’est pire qu’on le croyait.

L’objectif derrière son livre est avant tout d’ouvrir les yeux des gens sur leurs propres habitudes de vie mentionnant qu’un grand ennemi de notre société est notre ignorance. Les patients ne sont pas assez informés selon elle mais aussi, à mes yeux, ils ne sont pas assez curieux. Il n’a jamais été interdit de questionner son médecin sur les traitements proposés et, soit dit en passant, il n’est pas plus interdit de refuser un traitement. Je parle par expérience ici car j’ai refusé le cocktail de médicaments qu’on me suggérait fortement pour ma maladie de Crohn. Et vous savez quoi? Je m’en porte beaucoup mieux…

Je suis tout à fait d’accord avec l’auteure qui explique qu’on doit travailler sur la base, soit l’intérêt et la connaissance de la population envers toutes les méthodes et médecines possibles, pas seulement celle liée à la carte soleil. Le système actuel rejette tout traitement alternatif alors que le médecin devrait considérer tout élément pouvant ajouter à notre confort. La méditation, le yoga, l’alimentation hypotoxique sont quelques exemples qui ont fait leurs preuves dans la vie de bien des gens.

Se prendre en main, décider de s’informer par soi-même, être curieux et s’intéresser aux diverses possibilités qui s’offrent à nous devrait être un réflexe chez chaque citoyen. Comme le rappelle Josée Blanchette, une personne sur deux souffrira du cancer et pourtant, ce que Richard Béliveau dit à propos de l’alimentation, ça ne passe pas.

C’est triste de voir à quel point certaines personnes croient aveuglément leur médecin qui leur prescrit des tonnes de médicament mais qui ne s’intéresse pas à ce qui se passe dans leur vie. Je rêve d’une médecine plus humaine, plus inclusive de toutes les approches et surtout, d’une relation d’écoute et de respect entre le patient et son docteur. Je rêve, vous croyez?

Photo : Unsplash | Annie Spratt

Article source : Le Devoir

Sentir ce que l’on veut vraiment

Jake Ingle

Dernièrement, j’ai compris un concept fort important dans un processus de remise en forme. Parfois, des principes peuvent sembler si simples, une fois qu’on les connaît mais ça prend quelqu’un pour nous mettre sur la bonne piste. Je vous partage donc aujourd’hui ce concept vraiment très logique mais qui m’empêchait d’avancer par le passé dans toutes mes tentatives d’entraînement.

Je le résumerais ainsi : ce n’est pas votre corps qui est paresseux, c’est votre mental.

Et oui, je sais, c’est vraiment basique et certains me diront que ça fait longtemps qu’ils ont compris cela. Grand bien vous en fasse, mais pas moi!

C’est mon entraîneuse qui m’a expliqué que bien souvent, on se convainc soi-même qu’on n’est pas assez en forme cette journée-là pour aller courir (ou faire n’importe quelle autre activité qui demande un effort physique). Notre tête, rationnelle, pragmatique et efficace, pense qu’on est trop fatigué, qu’on n’a pas l’énergie pour mettre en marche la superbe machine qu’est notre corps. Mais bien souvent, elle a tort notre tête et elle ne fait que polluer notre esprit de pensées décourageantes. Le truc? Aller marcher 5 minutes pour voir ce que le corps a à dire. Et comme elle me l’a bien dit, souvent, le corps lui, il a le goût de bouger et il va nous le faire sentir.

C’est que, voyez-vous, le corps humain, depuis la nuit des temps, il court, il marche, il avance, il grimpe, il se penche… Tout ça pour survivre, se nourrir, bâtir sa demeure, protéger sa famille. En d’autre mots, le corps n’a pas du tout été conçu pour vacher sur un divan ou rester assis devant un écran toute la journée. C’est nous qui en avons fait un lâche, un paresseux, avec notre mode de vie sédentaire. On dit souvent qu’on n’utilise qu’une infime partie de la capacité de notre cerveau. Eh bien, je vous le donne en mille : on fait la même chose avec notre corps. Bravo à nous (ironie)!

Notre corps, il aime être actif mais notre tête s’est tellement habituée qu’il ne le soit pas, qu’elle a peur pour lui. Alors, c’est pourquoi, quand on se remet en forme, il vaut mieux être accompagné. Non seulement pour avoir une progression saine et sécuritaire mais aussi pour nous remettre à notre place quand on croit qu’on ne peut pas y arriver, qu’on est trop fatigué, pas assez en forme, qu’on n’y arrivera pas. Faire confiance à quelqu’un et lui remettre les clés de notre succès, c’est se donner la chance d’y arriver et surtout de le faire de la bonne façon.

Je n’avais jamais eu d’entraîneur privé avant et je croyais à tort que j’allais me ruiner. Pourtant, c’est un des meilleurs investissements que j’ai fait de ma vie et au-delà du sport, je prends conscience de certaines habitudes de vie qui ont un impact sur mes performances à la course. C’est une roue qui tourne, un cercle vertueux qui s’enclenche, me faisant m’éloigner du cercle vicieux. Et c’est merveilleux car tout cela est pour le mieux.

C’est si facile de laisser notre mental nous dicter ce qui est bon pour nous alors que notre corps le sait si bien. Alors je vous laisse sur cette pensée : quand on parle de s’écouter, il faut surtout sentir, à l‘intérieur de soi, de que l’on veut vraiment.

 

Photo : Unsplash | Jake Ingle

Prendre le temps de s’aimer

Hier, pendant que plusieurs s’époumonaient au marathon de Montréal, j’accomplissais mon petit exploit personnel : mes premières 15 minutes de course consécutives. J’admire ceux qui ont couru dans les rues de la grande ville, qui ont atteint ou pas le fil d’arrivée, qui ont fait preuve de courage et d’endurance. Je sais que je ne suis pas rendue là, et je vis très bien avec cela.

À cette époque où, en dessous d’un Ironman, rien ne vaut des félicitations, où notre maison doit valoir une photo Pinterest, où tout est magnifié et retravaillé, je me pose en défenderesse de l’ordinaire.

À tous ceux qui, le soir vont prendre leur marche de santé et à qui ça suffit pleinement, à tous ceux qui, comme moi ne sont pas nés dans une famille de sportifs, mais qui tentent de rester en forme, à tous ceux qui savent pertinemment qu’ils doivent prendre soin d’eux mais ne savent pas comment, à tous ceux qui se répètent qu’ils ont du poids à perdre et cherchent une solution, à tous ceux qui se disent qu’il est temps de se prendre en main… À tout ce beau monde je vous dis : aimez-vous!

Je crois sincèrement que la base de tout, de la réussite sportive à la meilleure recette santé, à la remise en forme en passant par le dépassement de soi, c’est l’amour de soi. Car entre vous et moi, si on ne s’aime pas, on n’aura jamais la force et l’énergie de surmonter le découragement, la fatigue, la douleur, les envies de sucre et toutes les raisons et les défaites qui se pointent sur notre route. Intégrer de bonnes habitudes de vie, ça demande des efforts et de la volonté et derrière cela se cache notre estime de nous-mêmes. Pour croire en nous, on doit habiter notre corps, l’aimer et le chérir. C’est notre meilleur partenaire dans cette aventure et il nous est fidèle, nous rend nos efforts et nous amène là où l’on veut aller.

Je crois aussi que si chacun prenait le temps de se découvrir, de s’aimer et de s’accepter, on serait moins porter à juger les autres et on vivrait dans un monde plus serein. On a la fâcheuse habitude du jugement facile, de la critique incisive, de la réplique mesquine. Et ça reflète quoi tout ça? Notre mal-être, tout simplement. Comme si, quand on ne va pas, les autres aussi doivent mal aller sinon ce n’est pas juste.

Si on dépensait autant d’énergie sur des pensées positives qu’on en passe à se juger, on serait tellement plus heureux… Mais ça aussi, ça demande des efforts car le cynisme ambiant est intrinsèque dans notre société. Sauf qu’entre vous et moi, on répète sans cesse aux enfants que quand on veut, on peut, que c’est important de persévérer et que nos efforts sont toujours récompensés mais rendus adultes on envoie à la poubelle ces principes pourtant toujours aussi pertinents. Nous sommes définitivement des maîtres de l’ironie!

Alors je vous invite à vous aimer, à vous regarder avec un regard bienveillant et à cesser de vous juger, vous-mêmes ainsi que les autres. Je vous assure qu’à force d’efforts, on finit par changer notre mental, on finit par chasser le négatif et à s’apprécier. Et tout à coup, on se sent mieux, plus léger et plus heureux. Et ça fait franchement du bien. Souvent, le simple fait d’y croire, c’est déjà être à mi-chemin!

La magie de l’automne

Scott Webb

Je sais, plusieurs n’acceptent pas la fin de l’été, pestent contre le temps qui file trop vite, le manque de temps et l’impression de ne pas avoir assez profité de la saison chaude. Mais rassurez-vous elle revient à chaque année, fidèle au poste.

Moi, j’adore l’automne, c’est ma saison préférée et je ne m’en cache pas. Les nuits fraîches, les petits matins brumeux, les oiseaux migratoires, les couleurs magnifiques qui illuminent nos forêts, les feux pour se réchauffer, les gros foulards… Je pourrais poursuivre ainsi longtemps.

C’est aussi la saison du cocooning, de la lecture emmitouflée dans une couverture, du chocolat chaud au retour d’une randonnée… C’est la saison des rapprochements, des séries télé en rafale, du confort des gros pulls… Mais surtout, des plats mijotés, des confitures maison et légumes marinés, des bonnes odeurs et des vins rouges réconfortants. Après s’être empiffré de salades et de vins blancs, on revient au réel comfort food avec grand plaisir.

La course à pied quand il fait frais donne une impression de légèreté. On ressent l’air dans ses poumons plus purifiant et notre corps se laisse porter au lieu de combattre la chaleur, il se tempère facilement et se déshydrate moins rapidement. Marcher en forêt se fait de façon plus lente et contemplative, comme si on savait que bientôt les arbres seront dépouillés et qu’on voulait en savourer chaque couleur et chaque odeur.

L’automne, c’est l’éloge de la lenteur à son meilleur, c’est la saison pour prendre son temps, pour habiter ses quartiers et relaxer. On peut entamer ce roman volumineux qui ne nous inspirait pas cet été, écouter un documentaire un peu triste, cuisiner des plats qui cuiront pendant plusieurs heures et réchaufferont la maison… Tout ce qui demande du temps est tout à coup pertinent. Après la légèreté de l’été, on a envie de profondeur,  de savourer chaque moment, de ralentir, de faire la grasse matinée.

Et c’est ce que je nous souhaite à tous, avant le tourbillon des fêtes et la rudesse de l’hiver. Faire le plein d’énergie saine, vivre le moment présent, imprégner les couleurs que la nature nous offrira pour pallier à la grisaille de la saison froide qu’on trouvera encore interminable. Le cycle des saisons nous surprend toujours, comme si on vivait dans un certain déni collectif.

Profitez-en pour aller aux pommes, elles seront savoureuses et c’est un contact avec la nature qui fait du bien à l’âme. Les vignobles, les marchés publics et la gentillesse de nos producteurs d’ici sont parfaits pour amener un peu de chaleur et de bien-être dans nos cœurs nostalgiques.

Savourez, humez et goûtez!

 

Photo : Unsplash | Scott Webb

Je vais bien

Elke Karin Lugert

Hier, je suis allée dans un endroit magnifique que j’adore et qui me procure bien-être et sérénité. Un parc régional simple sans chichis qui offre des sentiers faciles mais surtout un lieu de paix et qui permet de prendre contact avec la nature dès les premiers pas. J’y rejoignais mon amie Janie, une belle maman qui est dans ma vie depuis quelques années et qui a accueilli sa première fille dans sa ligne de garçon.

Pouvoir profiter de beaux moments comme celui-ci amène un sentiment de paix intérieure et de gratitude effervescent. Je remercie la vie d’être en mesure de le faire et je sais pertinemment que ce luxe que je me donne n’est pas possible pour tout le monde. J’ai travaillé fort pour y arriver et je savoure chaque minute de repos.

La question qu’on me pose le plus souvent est : quand recommences-tu à travailler? Et chaque fois je souris car ma réponse laisse souvent pantois : je ne sais pas et je ne veux pas le savoir. Je n’ai pas envie qu’on m’attende, je n’ai pas envie de m’engager, je veux sentir cette liberté aussi longtemps que possible, je veux choisir avec soin le nouveau mandat que j’accepterai mais surtout, je veux sentir que je suis bien avant de recommencer à travailler.

Je ne suis pas en burnout, ni en dépression, je ne fais ni mononucléose, ni une quelconque maladie. Je le dis car je sens parfois le jugement envers ma décision d’arrêter. Et je réalise à quel point ce n’est pas naturel de prendre un temps d’arrêt dans notre société surchargée et hyperactive.

J’aime ce rythme lent, à contre-courant, qui m’apaise et me fait réaliser à quel point je ne prenais pas soin de moi. Non pas que j’étais dans des abus excessifs ou dans une situation extrême mais l’effet de la lenteur et de l’horaire libre fait prendre conscience de toute la charge qu’on se met sur les épaules pour performer et tenir dans le moule sociétal imposé. Imposé par nous à la base, soit dit en passant. Car personne ne nous force en général, on s’y contraint car c’est ce qu’on nous a enseigné.

Dès un très jeune âge, on nous demande ce qu’on fera comme métier dans la vie, on montre aux jeunes filles à être belles, aux jeunes garçons à être forts, on nous met mille et un stéréotypes dans la tête, on nous dit que ça sera difficile quand on sera grand, d’en profiter pendant qu’on est jeune et libre.

Mais pourquoi est-ce qu’on s’inflige autant de stress et d’obligations? Pourquoi doit-on autant savoir ce qu’on veut faire de notre vie, s’investir corps et âme dans une carrière alors que ce n’est pas ce que nous sommes, ce n’est pas ce qui nous définit et qu’à l’adolescence on n’a absolument pas la maturité pour déterminer ce que sera le reste de notre vie? Il y a une certaine aberration dans cette façon de voir le monde à mes yeux…

Alors, rassurez-vous, je ne sais pas où je vais, je ne sais pas ce que je ferai mais je suis totalement à l’aise avec ce fait et je l’assume pleinement. J’ai décidé d’emprunter une route différente, celle qui mène à l’intérieur de soi. Je me choisis, consciemment, et c’est à mes yeux le plus bel investissement que je peux faire de ma vie.

 

Photo : Unsplash | Elke Karin Lugert