Accepter ce qui est…

Matthew Wiebe

On a beau être à l’aise financièrement, ne pas dépendre de qui que ce soit, avoir une maison, une voiture, une vie paisible vue de l’extérieur… Personne ne sait ce qui se cache derrière les apparences, derrière la carapace lustrée et immaculée que l’on projette. J’ai souvent dit qu’il vaut mieux vivre sa vie pleinement à tous les jours plutôt que d’accumuler pour ses vieux jours et ne plus avoir la force d’en profiter. Mais je me demande à quel point on peut vivre à 100 milles à l’heure sans que ceci ait un impact un jour ou l’autre.

Il y a de ces maux que l’on dit du siècle mais qui font des ravages depuis la nuit des temps. À mes yeux, le plus grand destructeur de la santé humaine est le stress. Chez l’animal, le stress permet la survie, la réaction soudaine qui en une seconde assure à la bête une porte de sortie. Pour l’humain, un stress vécu sur une longue période agit comme un accélérateur sur un feu : il détruit sans arrêt et sans donner le temps de comprendre ce qui se passe. Les effets, sournois et vicieux, peuvent s’accumuler pendant des années avant de sortir au grand jour, souvent lorsqu’il est trop tard.

L’an dernier, à pareille date, on m’hospitalisait pour ce que je croyais être simplement un virus attrapé dans le sud… 5 jours plus tard, la réalité me frappait de plein fouet : maladie de Crohn. Une maladie chronique inflammatoire qui est toujours mystérieuse aux yeux de la science et de ceux qui en souffre.

Est-ce le tabac qui a fait partie de ma vie pendant quelques années au début de l’âge adulte? Ou cette relation toxique qui m’a grugé les viscères pendant plusieurs mois et qui m’a privé de mon énergie? Ou est-ce plus général comme mon anxiété sur laquelle j’ai travaillé pendant la dernière décennie?

Je ne le saurai jamais et c’est extrêmement frustrant… Un peu comme celui qui se retrouve avec un cancer du poumon sans jamais avoir fumé. Je sais très bien que mon cas est loin d’être du même degré mais l’incompréhension est similaire. Ma seule consolation est que ce n’est pas mortel dans mon cas comparativement aux cancers qui détruisent des vies sur leur passage.

L’idée même de prendre des pilules pour le reste de ma vie me répugne et j’ai consciemment choisi de refuser la médication. Je sais toutefois que je vis avec une épée au-dessus de la tête et qu’une crise peut se pointer à tout moment…

La santé fait partie des choses que l’on prend pour acquis et qui peut nous être volé sans crier gare. On a cette pensée magique que le malheur n’arrive qu’aux autres… Mais parfois la vie nous ramène à l’ordre, nous envoie des messages clairs. Et quand cela arrive, on peut vivre dans le déni ou refuser de se soumettre. Mais une chose est certaine : il n’y a rien qui arrive pour rien. Dans toutes épreuves, il y a un apprentissage. Ce qui survient est une façon de nous faire comprendre ce que nous devons saisir.

J’ose croire qu’à travers tout cela, je sortirai grandie car en ce moment même, je me sens complètement déboussolée. Je partirais à l’autre bout du monde pour fuir ce sentiment de perte de contrôle et d’impuissance. J’imagine que cela fait partie du chemin que je dois parcourir… Accepter ce qui est, comme le dirait ma prof de yoga… J’essaie ma belle Lise, j’essaie…

 

Photo : Unsplash | Matthew Wiebe

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