Les mains baladeuses

Norman Toth

Étrange goût amer dans la bouche ce matin en lisant la Presse… Encore une histoire d’inconduite sexuelle à l’Assemblée nationale, encore des mensonges, des tentatives de masquer la vérité. J’en ai marre… Marre qu’on soit confronté à la bêtise humaine, marre que des hommes au pouvoir se croient tout permis et abusent de leur situation. Et surtout écœurée de constater que rien ne change réellement…

Après avoir vu Trump mettre en péril l’accès à l’avortement de milliers de femmes dans le monde, on voit un politicien de chez-nous sous enquête pour son comportement inapproprié envers une employée, des airs de déjà-vu. Les femmes se voient confrontées à un sombre tableau en ce début d’année.

On a pris pour acquis les avancées concernant les droits des femmes mais cet équilibre est fragile et, plus que jamais, menacé. Avec un grand misogyne à la tête de notre voisin du sud et nos élites politiques éclaboussées de la sorte avec des scandales sexuels, en passant par les universités qui se sont révélées être des lieux où les agressions pullulent, on peut se demander ce qui se passe.

On a pu voir que le plafond de verre est toujours aussi présent et si on regarde le panel des dirigeants d’entreprises au Québec, les conseils d’administration, l’administration publique, bref, les hauts lieux décisionnels qui ont le pouvoir de faire avancer les choses, ce sont majoritairement des hommes qu’on y trouve.

Et pourtant… On le sait que la vision des femmes est différente et souvent rafraîchissante dans ce monde masculin parfois emprisonné dans des concepts de gestion poussiéreux. Beaucoup d’hommes rêvent en secret de voir plus de femmes à leur côté pour diriger, reconnaissant leur rigueur, leur créativité et leur énergie vivifiante. Mais très peu en parle… Et on reste pris dans ce carcan rigide.

J’ose espérer que les nouvelles générations qui prennent leur place dans la société sauront briser le moule déficient et changer les choses. Et surtout, je souhaite ardemment que les femmes ne tentent pas d’imiter les hommes et demeurent fidèles à leurs croyances profondes. Quand je vois une Nathalie Normandeau qui a choisi de copier honteusement les magouilles de ses collègues masculins, je ne trouve pas que ça projette une belle image de la gouvernance au féminin.

Je veux plus de Françoise David, d’Isabelle Hudon, de Christiane Germain et de Phyllis Lambert dans les hautes sphères, pour offrir un nouveau visage et surtout pour inspirer les jeunes femmes à prendre cette voie. Car clairement, quelque chose cloche en ce moment… Ça ne devrait pas être un tel combat de gravir les échelons quand on croit en l’égalité des sexes. Et ça ne devrait pas être si effrayant d’être une femme…

M. Paradis a été écarté du caucus libéral et de son siège de ministre mais encore une fois, j’ai l’impression qu’on tente d’étouffer une histoire troublante. Ce qui me rassure, c’est que les femmes osent dénoncer pour que cesse le cercle vicieux de l’abus de pouvoir. Mais combien n’osent pas?

Qu’est-ce qui failli dans notre société pour que des hommes se croient au-dessus des lois, plus puissants que les femmes, pour se permettre de tels comportements? Que ce soit le petit commentaire déplacé, la main sur une fesse ou pire, rien de tout cela ne devrait arriver. On parle souvent de tolérance zéro… Mais cela suppose que le geste a été commis et qu’il sera puni.

Comment peut-on arriver à éradiquer ces comportements, tout simplement?

 

Photo : Unsplash | Norman Toth

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