L’impulsion saine

Sammie Vasquez

On parle souvent de l’impulsivité comme d’un défaut : ah que je suis trop impulsive, ah cette personne fait preuve d’impulsivité dans ses réponses… Mais, en réalité, on a tous besoin d’un peu d’impulsion dans la vie pour foncer, pour se projeter, pour avancer. L’impulsion, c’est l’action de mettre en mouvement, c’est ce qui nous pousse à agir. Il faut simplement être en contact avec soi-même pour sentir monter cette impulsion et ne pas être son esclave, ne pas se laisser envahir par elle.

Quand on dit que quelqu’un a agit sous l’impulsion de la colère ou qu’une personne a cédé à ses impulsions, on fait souvent peu la différence entre l’émotion et sa manifestation, son expression. Des émotions, pourtant, tout le monde en ressent et le problème n’est pas là. C’est plutôt au niveau du contrôle qu’on laisse celles-ci prendre sur nous qui peut devenir envahissant et nous faire perdre nos repères. L’impulsion émotionnelle survient quand on a dépassé le cap de l’examen de conscience… Quand on a laissé nos émotions devenir le maître à bord.

En affaires, on parle d’impulsion de manière positive, comme étant une action propre à accroître le développement, le dynamisme d’une activité. L’impulsion donnée au tourisme dans une région est souvent citée comme un essor, un vent de changement. Alors pourquoi se fait-il qu’il en soit autrement pour l’être humain?

Je suis, personnellement, une personne relativement impulsive et prompte. J’ai appris, avec les années, à appliquer des filtres sur mes pensées pour éviter de blesser des gens par mes paroles et aussi à prendre du recul avant de réagir dans certaines situations. Avoir tous les éléments, les points de vue et les informations avant de rebondir, c’est plus sain. Mais, dans certains cas, mon impulsivité me sert énormément.

Quand je n’ai pas envie d’aller courir ou d’aller à mon entraînement, je peux activer ce trait de caractère pour me fouetter un peu pour agir, sans trop réfléchir. Je débranche la petite voix dans ma tête qui me décourage, j’active mon impulsivité et je me dis : allez hop, on se bouge. Même chose quand un changement me fait peur ou m’insécurise : j’arrête de penser et je fonce car me poser les mêmes questions sans cesse ne changera rien.

Bien sûr, quelqu’un qui souffre d’un trouble de la personnalité limite n’aura pas la même relation avec son impulsivité et en psychiatrie, l’impulsion peut être un symptôme d’un trouble plus grave. Je ne veux en aucun cas inciter quiconque à dévier d’un traitement médical ou des conseils avisés d’un thérapeute. Mais pour le commun des mortels, je crois qu’on peut apprendre à négocier avec son impulsivité et à s’en servir comme tremplin, dans les situations qui peuvent être servies par celle-ci.

Apprendre à gérer ses émotions, à les sentir monter, à déceler ce qui les déclenche, c’est extrêmement bénéfique et ça peut nous éviter bien des soucis. En psychothérapie, le thérapeute considère davantage l’impulsivité comme un symptôme qui mène à un nœud… à travailler et à dénouer patiemment. Et je crois qu’on est tous capable de faire notre petit bout de chemin par soi-même, en étant à l’écoute de soi-même, sans jugement.

Cette impulsion qui, à prime abord, semble nuisible peut devenir une véritable alliée pour nous propulser et nous amener dans des zones jusque-là inexplorées. Il suffit de savoir déceler ce qui est irraisonnable de ce qui est simplement épeurant. Tout comme l’athlète qui prend son élan avant de bondir de toutes ses forces, il faut, à un moment, lâcher prise et sauter dans le vide pour découvrir de quoi on est capable quand on sort de notre petit cocon. C’est ça, le côté positif de l’impulsion : un effet magique et libérateur.

 

Photo : Unsplash | Sammie Vasquez

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