Une année de résilience

Jacalyn Beales

Depuis une semaine déjà, la nouvelle année est entamée, dans notre contexte hivernal. Le temps des fêtes m’a permis de voir et d’échanger avec mon monde, de côtoyer ma famille et mes amis qui, comme moi, sont occupés le reste de l’année et peinent à se libérer dans la frénésie constante. C’est quand on arrête de courir qu’on réalise à quel point tout allait si vite.

Plusieurs proches m’ont parlé de leur année en dents de scie, de moments joyeux suivis de périodes plus noires. J’ai eu cette impression que tout le monde avait hâte que 2018 se termine, pour tourner une page, pour passer à autre chose. Même si peu de gens affiche encore un calendrier sur leur mur, le fait de procéder au remplacement et de partir avec une version vierge reste dans nos réflexes.

J’ai donc réfléchi à cet état des choses, à ce besoin que nous avons de se débarrasser de nos émotions accumulées pour repartir sur des bases plus solides et regarder vers l’avant. Et je me suis dit que le mot qui reflétait ce désir était la résilience. On connaît tous des personnes qui parviennent toujours à se remettre et à retrouver le bonheur. On les envie parfois d’avoir cette faculté de rebondir.

J’ai longtemps été dans la catégorie des gens qui s’enfoncent dans la tristesse et la dépression lorsqu’ils sont confrontés au moindre événement moindrement négatif. Et heureusement, j’ai appris avec les années à prendre du recul et à relativiser. En gagnant en confiance et en estime de moi, j’ai appris à m’accorder du temps et à m’aimer à travers mes erreurs et mes défauts. Et aussi, surtout, à me dire que tout le monde vit des épreuves et que c’est ce qui nous forge, nous apprend sur nous et nous fait avancer.

Quand on change son angle de vue, sa façon de voir les choses, on parvient souvent à mieux gérer le tout. Je sais que ça peut sembler plus facile à dire qu’à faire mais en étant indulgent envers nous, en agissant envers soi comme on le fait envers une amie, on est souvent plus doux et tolérant.

J’ai aussi pris conscience qu’on se laisse souvent emporter par le courant, qu’on se laisse installer dans un moule car c’est plus facile que d’être soi par moment. Mais avoir le courage d’être ce qu’on veut, ça donne aussi l’énergie nécessaire pour affronter les regards et les critiques. Et plus on se respecte, plus on acquiert la compréhension des événements qui surviennent dans notre vie. Si on demeure dans une position de victime, toute situation peut devenir irritante alors que, quand on reprend le contrôle de sa vie, on arrive à mieux gérer les hauts et les bas.

Reconnaître qu’on ne sera plus comme on l’était à 20 ans, accepter qu’on se trompe, qu’on est imparfait, qu’on n’a pas été adéquat, ça nous enlève aussi une grande pression. Cette foutue pression de la perfection absolue, de l’image lisse et « Instagramable », est-ce qu’on peut s’en départir une fois pour toute?

La résilience donc. Cette capacité de parvenir à faire face au lieu de subir, à ressortir plus fort de ses expériences, à rester optimiste et confiant en la vie au lieu de se laisser abattre. Un des avantages d’avancer en âge, c’est d’avoir un passé qui nous prouve qu’on survit toujours à une épreuve et qu’on y retient un apprentissage nécessaire. Alors pourquoi ne pas garder en tête qu’une fois la tempête passée, on sera plus fort?

Je nous souhaite sincèrement cette résilience, plus présente dans nos vies. Être capable de rebondir, de rire de nos travers, de se fixer des objectifs une fois le nuage éloigné et surtout, trouver sa façon à soi de canaliser nos émotions pour ne pas se laisser gruger par elles. Tout un plan de match me direz-vous? Mais comme c’est pour notre santé, je crois qu’il faut sincèrement s’y atteler. Et plus nous serons nombreux à être flexibles et enthousiastes, plus la société en bénéficiera. Un bel effet d’entraînement pour se développer ensemble à devenir meilleur. Il me semble que c’est un beau projet de vie, non?

Photo : Unsplash | Jacalyn Beales

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