Posts published on "mars 2019"

Célébrer la différence

Matteo Paganelli

Vous avez sans doute vu, sur les réseaux sociaux, plusieurs vedettes et personnalités publiques arborer le fameux gaminet « différent comme toi ». C’est la campagne de la Fondation Véro & Louis qui est de retour pour une deuxième année. Comme on peut le lire sur le site Web de la fondation, en mettant de l’avant l’unicité de tous et chacun, l’expression ”Différent comme toi” célèbre la différence!

Dans cette même ligne de pensée, je suis tombée par hasard sur le coup de gueule d’une famille qui se bat pour faire accepter la différence de leur fils : la trisomie 21. Et leur façon de réagir aux critiques des gens qui font preuve d’une incompréhension crasse devant les campagnes de financement et autres types de sollicitation est, qu’aujourd’hui, ils nous invitent à porter des chaussettes de couleurs distinctes en appui à la cause.

Pourquoi me demanderez-vous? Pour justement signifier qu’une différence, ça ne fait de mal à personne. Que la différence, on devrait l’embrasser au lieu de la juger. Que c’est cette différence qui fait de nous un peuple fier et heureux. Car si on était tous pareils, on s’emmerderait solide! C’est parce qu’on est différents qu’on se complète et qu’on est en mesure de former des équipes équilibrées. Imaginez être avec des gens qui sont comme vous 24/7… Je parie que vous finiriez par faire une crise 😉 Je blague mais vous comprenez ce que je veux dire je crois.

Je me souviens, dans ma tendre jeunesse, mon père habitait à côté d’une maison où résidait une famille d’accueil. Cette famille, au lieu d’accueillir les enfants faciles à gérer, avait décidé de s’investir dans les soins aux enfants handicapés. Le plus vieux de la troupe, Jean-François, était lourdement atteint et malgré sa majorité, il avait un « âge mental » très jeune. Mais ce qui était le plus surprenant, c’était son regard. On y voyait toute la bonté du monde.

Mon père lui confiait des petites tâches à la maison : tonte du gazon, ramassage des feuilles à l’automne, lavage de l’auto… Et il m’avait expliqué un jour qu’au début il se sentait mal car il ne voulait pas qu’on pense qu’il exploitait ce jeune homme. Mais ce qu’il ne soupçonnait pas, c’est à quel point il valorisait Jean-François. Ce dernier jubilait à chaque nouvelle tâche et ne manquait pas de me dire à quel point il était heureux de « travailler ».

Ce qui m’avait surtout marqué à cette époque, c’est le jugement que les gens portaient sur cet homme différent. Il marchait péniblement, ses gestes étaient très saccadés et maladroits et il voulait souvent faire des câlins ce qui rendait l’entourage frileux à lui parler ou lui accorder de l’attention. Sa différence faisait peur. En lui expliquant, on finissait par lui faire prendre conscience qu’il pouvait être un peu trop intrusif. J’ai souvenir d’un après-midi d’été où on avait pratiqué la poignée de main pour qu’il puisse entrer en contact de manière moins intrusive.

Bref, accueillir la différence, ça demande une dose d’altruisme, ça demande de sortir de son nombril et de se mettre à la place de l’autre pendant quelques minutes. On ne pourra jamais comprendre à 100% ce que vit la personne mais on peut mettre de côté son jugement, ses idées préconçues et son carcan rigide pour voir autrement, à travers des yeux nouveaux et surtout, avec notre cœur.

L’humain est une bête merveilleuse, dotée d’une conscience, d’émotions et de capacités infinies. Mais on doit parfois faire en sorte qu’il utilise son cerveau dans un but positif au lieu d’en user malicieusement. Acceptons-nous, faisons preuve de tolérance et d’ouverture et percevons la beauté en chacun de nous au lieu de s’attarder sur les petits détails qui nous dérangent. On en sortira tous grandit.

Photo : Unsplash | Matteo Paganelli

Bonheur, où es-tu?

Alex Block

En ce petit mercredi printanier, c’est la Journée internationale du bonheur. Être heureux, c’est sans doute l’objectif de chaque humain sur terre. Mais le souci, c’est que de nos jours, c’est presque devenu une responsabilité sine qua non. Si on ne donne pas notre 110% pour atteindre le bonheur ultime, on se sent coupable.

Pleine conscience, résilience, zénitude, gratitude… On se fait bombarder constamment et si on a le malheur d’être à sens contraire de cette tendance pendant quelques minutes, on se fait rabrouer car on mine la quête du bonheur du voisin. Eh oui, c’est devenu un droit ultime et on risque d’être blâmé pour perte de jouissance pour un commentaire négatif. Je blague à peine…

Je prône toujours la connaissance de soi et surtout, l’écoute de ses besoins personnels. J’ai tendance à croire qu’on s’y perd facilement et qu’on prend pour siens les requis des autres pour l’attente de la plénitude. L’influence est constante et on peut aisément être convaincu par un gourou ou une personnalité qui se vante d’avoir trouvé le bonheur grâce au produit X.

Mais la recette miracle, je le répète souvent, elle n’existe pas. À force de chercher le bonheur dans les allées d’un magasin, on finit simplement par perdre son temps et se frustrer. Mais c’est à la mode d’essayer… Cependant, on oublie qu’à force d’essayer, on s’use et on perd ce contact avec le bonheur simple, celui qui est là, tout près. Celui qui ne fait pas vivre une industrie florissante, autant dans le commerce que dans les bureaux.

Ce qui est paradoxal, c’est que le concept même du bonheur n’a pas de définition claire. Autant dire qu’il y a autant d’interprétation que d’humain sur terre. Ce serait réducteur d’en faire une seule grande théorie. Mais, chose certaine, l’idée même que pour être heureux on doit toujours être dans le positif ne fonctionne pas. Bien entendu, on préfère sourire et avoir le cœur léger mais les moments moins joyeux nous forment et nous apprennent beaucoup.

Comme je le mentionne à l’occasion, ça prend du moins beau pour savoir reconnaître ce qui est merveilleux. On se blaserait de nager toujours dans le bonbon rose. En mettant le bonheur sur un piédestal, c’est comme si chaque petite épreuve nous éloignait de cet idéal à atteindre. La frustration n’est donc jamais bien loin. Pourtant, combien de gens entend-on dire que c’est grâce à un événement douloureux qu’ils ont découvert leur force, qu’après une épreuve, ils ont trouvé leur voie?

On continue de nous faire croire que c’est l’argent (ou les biens matériels) qui nous fournira ce bonheur tant désiré. Pourtant, de nombreuses études ont été faites sur le sujet, démontrant que c’est dans les relations humaines qu’on se nourrit. Tout comme l’appréciation de ce qu’on a au lieu de rêver à ce qu’on n’a pas constitue une attitude plus gagnante. Avoir un toit sur sa tête et de la nourriture, un certain sentiment de sécurité et un minimum d’amour : c’est la base nécessaire pour pouvoir savourer le bonheur au quotidien.

Alors, en cette Journée internationale du bonheur, aucun conseil ou truc magique ne pourra vous aider. Toutefois, sortir quelques minutes pour profiter du soleil, prendre le temps de déguster votre lunch ce midi ou faire un gros câlin à vos enfants, ce sont des petits gestes qui peuvent contribuer à entretenir votre niveau de bonheur.

C’est certain qu’on peut toujours avoir plus, être mieux, atteindre un niveau supérieur. Mais si on arrive à se satisfaire de ce qu’on a et de ce qu’on est, on a plus de chance de voir le bonheur dans les petites choses, de pouvoir le partager et le multiplier. Se concentrer sur ce qui va bien au lieu de voir uniquement ce petit détail qui nous énerve, ça ne coûte rien. En fait, non, ce n’est pas vrai. Ça nous coûte des parcelles de bonheur.

Photo : Unsplash | Alex Block

Choisir sa vie

Form

Hier, sur un de mes fameux groupes de voyage, une jeune femme demandait aux membres quel était leur métier. Elle se sentait malheureuse dans le sien et, privée de sa passion du voyage, elle cherchait une solution miracle. J’avais envie de lui répondre : découvre qui tu es d’abord car la solution de l’une ne sera surement pas celle de l’autre. Je me suis retenue car je déteste cette tendance à donner des conseils aux inconnus mais je n’en pensais pas moins.

C’est vrai qu’aujourd’hui, on a accès à plus de métiers et de formations qu’avant. Pourtant, devant ce choix grandissant, les jeunes n’arrivent pas à se décider. Et je les comprends. J’ai moi-même pris une tangente sur un coup de tête à 18 ans, abandonnant ainsi le parcours tracé par mon père dans l’enseignement. À voir l’état de nos écoles actuellement, je ne regrette nullement mon choix mais ce souvenir m’a rappelé à quel point on ne se connaît pas assez à 17-18 ans pour décider du reste de notre vie.

Et d’ailleurs, est-ce encore réaliste en 2019 de croire qu’on œuvrera dans le même métier pour toute la durée de sa vie professionnelle? Je ne crois pas, sincèrement. Transposer ses acquis dans un autre domaine, se propulser dans un nouveau contexte, c’est ce qui nous forme le plus. Mais pour cela, on doit les connaître, ces fameux acquis. On doit arriver à se décrire, à décortiquer son expertise, à déceler aussi ce qui ne nous convient pas dans notre poste actuel.

On est toujours à un clic d’une nouvelle information et on a plus de difficulté à faire de l’introspection, à chercher en nous ce qu’on ressent. C’est si facile de se perdre dans les millions d’articles, de billets et de chroniques sur les trucs faciles pour changer de métier. Mais changer pour changer, ça n’a jamais donné de très bons résultats. Choisir, ça implique connaître, ça sous-entend une analyse des options, ça demande une réflexion.

Hors, on dirait que le processus de réflexion n’est pas très populaire aujourd’hui. Tout va vite et tout change rapidement alors réfléchir, ça semble archaïque. Mais pourtant, pour bien entendre la petite voix en soi qui donne écho à notre instinct, on doit se poser, arrêter de courir. Et je sais que c’est difficile avec nos vies de fou, avec nos rythmes effrénés et nos milliers de choses à faire. Mais c’est nécessaire.

J’aurais envie de m’asseoir avec cette jeune femme déboussolée pour lui demander ce qui l’a fait vibrer dernièrement, ce qui a mis un sourire sur son visage, ce qu’elle aime faire pendant des heures sans réfléchir ou sans voir le temps passer. C’est dans ces expériences qu’on trouve ce qui nous nourrit. Et j’aimerais lui dire qu’il faut cesser de croire que le boulot, c’est la vie. C’est ce qui paie les factures, oui, mais ce n’est pas ce qui nous définit. La glorification du travail, c’est out, ok?

La première question que l’on pose à quelqu’un ne devrait pas être « que fais-tu dans la vie? » mais bien « qui es-tu? » ou même « qu’aimes-tu? ». Nos passions, nos intérêts ou nos talents me semblent plus importants que ce qu’on fait entre 9 h et 17 h. Tant mieux si c’est notre métier mais c’est rare et il ne faut surtout pas se sentir coupable de ne pas marier les deux.

J’aime savoir ce que les gens ont lu ou écouté comme musique récemment. Ou même quels plats ils ont cuisinés dans les derniers jours. À mes yeux, un panier d’épicerie en dit plus long qu’un cv sur une personne. (Je serais curieuse de voir l’effet dans une entrevue d’une telle question d’ailleurs! Au lieu de la sempiternelle question suivante : tu te vois où dans 5 ans?)

Nos valeurs ne sont pas souvent mises en lumière dans notre travail où l’on tente de nous conformer et nous insérer dans un moule bien défini. C’est dans notre vie, notre quotidien, nos temps libres qu’on est le plus soi-même. Alors demandons-nous ce qu’on aime y faire pour mieux choisir ce qu’on veut faire du reste de notre vie. Choisir sa vie, ce n’est pas choisir un métier. C’est choisir ce qu’on veut ressentir en se levant le matin.

Photo : Unsplash | Form

Les coups de foudre humains

Joseph Pearson

Quand on est jeune et qu’on fréquente l’école, on a l’opportunité de faire plusieurs rencontres. On change d’amis ou on bonifie sa bande au gré de nos envies et des années scolaires qui défilent. La vie sème sur notre route une panoplie de personnes qui passent un temps ou qui restent, parfois pour la vie. Lorsqu’on devient adulte et qu’on quitte les bancs d’école, la dynamique change un peu. On a encore une période où on sort beaucoup et où les occasions sont encore présentes de rencontrer des gens qui nous ressemblent.

Arrive un temps, cependant, où ces possibilités de se faire de nouveaux amis sont moins fréquentes. Chacun se forge son petit cocon, que ce soit en couple ou simplement par une envie moins présente de sortir. Le métro-boulot-dodo use et nous garde plus loin de la fiesta. Alors si on change de région ou qu’on évolue dans une direction différente de nos compatriotes du temps scolaire, on cherche à trouver des gens qui collent mieux à notre nouveau style de vie.

Le nombre d’applications et de sites de rencontre grandit à vue d’œil mais il en va autrement pour les outils destinés à se faire de nouvelles amitiés. Et, pour l’avoir essayé, utiliser une telle application en indiquant clairement son désir de faire des rencontres amicales et non amoureuses n’est vraiment pas fructueux. La raison est fort simple : pratiquement personne ne lit les descriptions qui accompagnent les photos.

Tout cela pour dire que, quand un nouveau collègue arrive ou qu’une personne se joint à un groupe, c’est une opportunité qui se présente. Découvrir les autres, c’est grisant et rafraîchissant. Comme un petit vent de renouveau dans un décor commun. Et quand on a des intérêts à partager, c’est d’autant plus intéressant.

Je vous parle de ceci car c’est ce qui m’est arrivé dernièrement. Vous savez, le genre de rencontre qui donne un boost d’énergie, qui stimule intellectuellement, qui fait sentir vivant et qui vous donne de l’éclat, mieux que n’importe quelle visite chez l’esthéticienne. On m’a même demandé ce que j’avais changé ou fait pour avoir cet air en santé.

Ce que j’ai fait? Rien. J’ai simplement ouvert mon cœur et mon âme à ce nouvel échange, à cette rencontre impromptue qui me fait un bien fou. Car, souvent, on avance sans trop s’ouvrir à ce qui se déroule autour de nous, trop pressé à vivre notre vie mouvementée. Quand on prend le temps de percevoir l’énergie des autres autour de nous, qu’on trouve une personne qui vit sur la même tonalité que soi, c’est magique.

Tout comme en amour, il ne faut pas chercher l’amitié. Il faut simplement être prêt à la voir et l’accueillir quand elle se présente. S’ouvrir, lever le nez pour voir qui croise notre route. Ça paraît simple mais combien le font vraiment? Je sais que j’ai des périodes où je suis plus « sauvage » ou fermée à la connexion. Cet hiver rude a été particulièrement propice à cet état. Mais le beau temps aidant, je crois que cette petite étincelle a été suffisante pour m’éclairer sur ce qui m’entourait.

Je vous souhaite sincèrement ce type de situation. Que ce soit pour du court, moyen ou long terme, la création d’un lien humain est bénéfique. Je suis convaincue que, si des scientifiques étudiaient ce phénomène, ils découvriraient une certaine cohérence cardiaque entre les deux personnes.

C’est comme un coup de foudre humain, sans qu’il y ait attirance ou projet de vie à la clé. Un lien fort, une connexion, une vibration commune, au diapason. Et c’est là qu’on réalise que pour être heureux, ce n’est pas le salaire ou la voiture qu’on doit ajuster : c’est la nourriture de l’âme qu’on doit trouver. Et la mienne, elle est foncièrement humaine.

Photo : Unsplash | Joseph Pearson

La maladie du siècle

Sara Kurfeß

On n’a jamais eu autant de possibilités devant nous, ni jamais autant de technologies pour nous aider, d’accès à l’information aussi rapidement ou d’opportunités, autant professionnelles que personnelles. Mais malgré tout, on est angoissés, stressés devant tant de choix. Pourquoi? Parce que justement, c’est peut-être trop…

En 2019, ne pas être au courant de quelque chose est presque synonyme de retard mental. Hein? Tu n’as pas vu passer la nouvelle X sur Facebook? Quoi, tu n’as pas encore vu la vidéo de Y? Ben voyons, vivais-tu sous une roche? Oui, oui, j’exagère, à peine, mais ce n’est pas loin de la réaction à laquelle j’assiste parfois en révélant ne pas passer ma vie à scruter tout ce qui se publie dedans les Internet.

Avec ce flot incessant d’information libérée comme du pollen, on finit par être saturé, enseveli sous une tonne de données plus ou moins pertinentes et cohérentes. On ne vérifie plus la source, on ne sait plus sur qui se fier, on relaie sans se préoccuper de la véracité de la chose. Et bonjour les fake news! Mais comme on ne veut pas rater la dernière sortie, on va vite, on tourne les coins ronds et on se dit que si telle personne l’a partagée, ça doit être vrai.

Des fois, je fantasme sur un monde sans Internet, revenir à l’essentiel, où la seule connexion possible est celle avec l’humain. C’est assez paradoxal pour une personne qui travaille dans le numérique me direz-vous mais c’est ça pareil. Et hier, étrangement, une panne majeure a affecté le groupe Facebook entraînant Instagram dans son sillage. Et c’était comme se retrouver dans le bois tout à coup : silence et calme étaient au rendez-vous.

Ce qui m’a toutefois interpellé, c’est cette panique, ce sentiment de manque, de sevrage qu’on ressentit les utilisateurs. Je veux bien croire qu’un gestionnaire de communauté au calendrier de contenu bien chargé ait pu être désemparé devant ce retard provoqué mais pour le commun des mortels, il me semble que c’était un soulagement, un mal nécessaire. Une petite expérience de vie pour faire prendre conscience de la place beaucoup trop dominante accordée à tout ce monde virtuel.

Quoi? Tu n’as pas pu visionner la 858e vidéo de chat ou la petite animation drôle de monsieur X? Malheur! Ta vie sera à tout jamais changée… Bien sûr, je suis sarcastique au cube parce qu’il faut rire de tout cela avant d’en pleurer. C’est triste de constater le sentiment de dépendance généralisée envers les réseaux sociaux. L’angoisse qui régnait hier devant l’écran vide frôlait l’hystérie pour certains. Impression d’être coupé du monde, de passer à côté de quelque chose… C’est ce que je lisais et entendais. Et j’avais juste envie de leur dire : mais ouvrez la porte et sortez dehors si vous voulez voir ce qui se passe! Lisez les nouvelles (les vraies), écoutez la radio. Ou mieux : ne faites rien, savourez le silence et la paix.

C’est devenu le mal du siècle cette anxiété sournoise de ne pas tout savoir, tout voir, avoir accès à tout. Au nombre de clinique de sevrage numérique qui ouvrent, on se doute que quelque chose cloche. Mais je vous parie que la personne qui débarque là a trouvé l’adresse via son téléphone intelligent, bien serré dans sa main, de peur de l’échapper. Les gens apportent leur appareil aux toilettes et s’en servent comme cadran. J’en vois même se vantant de répondre sous la douche. Mais qu’est-ce qui nous prend? C’est du 24/7 ce truc et c’est malsain! Bientôt, on pourra se le faire greffer, j’en suis convaincue.

Bref, cet incident qui frappe Facebook actuellement sert de signal d’alarme selon moi. Un moyen de nous faire comprendre qu’on doit se détacher un peu, revoir notre relation à cet appareil, à ces réseaux vicieux. Ramenons cela à un outil, pas une aliénation. Tout le monde s’en portera mieux… Le printemps s’installe tranquillement alors profitons de ce changement d’air pour laisser l’appareil loin de nous (au moins un mètre) et reconnectons avec le vrai monde. Levons le nez et admirons la vie qui reprendra ses aises : les bourgeons qui vont éclater, les reflets du soleil et les beaux sourires qui illumineront les visages. Rien au monde ne devrait nous priver d’un tel plaisir.

Photo : Unsplash | Sara Kurfeß