Posts by "trouv" — Page 138

Petite tranche de vie…

Gemma Evans

Récemment, je me suis procuré une nouvelle table de salle-à-manger. Ma meilleure amie a bien ri de moi pendant des mois car j’ai dû lui faire parvenir au moins 50 photos par SMS de table que je voyais au travers mes recherches, sur internet comme dans les boutiques. Et puis, un soir, après un verre avec un ami, j’ai fait un arrêt chez Zone pour aller chercher des filtres pour mon bac à compost (qui est d’ailleurs magnifique si jamais le petit bac beige fourni par la ville vous ennuie comme moi). Comme à chaque fois que j’entre dans cette boutique, je fais le tour pour admirer les meubles, articles de décorations et luminaires, pour finir dans le présentoir à bijoux. Mais ce soir-là, en entrant, elle m’attendait…

Une magnifique table en bois recyclé, garnie de marques du temps, de restes de couleurs sablés, massive et naturelle à souhait. Et je savais que ma quête était enfin terminée. C’était elle qui trônerait dans ma pièce lumineuse et sur laquelle j’écrirais, déjeunerais, lirais, écouterais des épisodes sur mon iPad… Bref, c’est elle qui m’accompagnerait tous les jours pour mes activités.

Qui dit acquisition dit cession. Car vous vous en doutez bien, j’avais une table avant d’acheter cette perle rare. Ce meuble m’avait accompagné dans mes divers logements à Montréal, avait été entreposé quand j’ai emménagé dans mon 3 ½ le temps de mettre des sous de côté pour acheter ma maison, elle a parcouru des kilomètres dans un camion pour finalement atterrir à Lorraine dans ma nouvelle demeure, fraîchement rénovée.

Mais elle ne cadrait pas là… Elle avait fait son temps comme on dit! Et pendant 4 ans, j’ai cherché, tenté d’imaginer ce que je voulais, j’ai scruté le web à la recherche du modèle parfait, aux proportions idéales pour mon espace, au style intemporel qui me plaira encore dans 4 ans, aux lignes simples et épurées qui ne seront pas démodées dans 2 ans…Et voilà que c’était fait!

Donc il y a quelques jours, j’ai mis en vente mon ancienne table sur les annonces classées dans l’espoir qu’elle débarrasse le plancher rapidement. Ce n’est pas que je ne l’aimais pas mais disons qu’appuyée sur un mur, elle commençait à me déranger un peu. Et j’ai reçu un courriel, d’un gentil monsieur, m’expliquant qu’il m’écrivait au nom d’une dame qui venait de déménager sur la rive-sud en provenance de Toronto. Et en discutant avec eux au téléphone, j’ai eu droit à 2 charmantes personnes, assez âgées, qui tenaient mordicus à venir voir le meuble rapidement.

Et j’ai eu droit à une visite des plus agréables et réconfortantes qui soit… 2 amis de très longue date (les 2 ont plus de 75 ans…) qui se retrouvent après des années à avoir été séparés, qui transpirent la complicité et le plaisir. La vie ne les a pas usés, la dame a travaillé partout dans le monde et son accent anglophone savoureux transparaît dans son français un peu cassé. J’ai eu droit aux photos de son chat de race, d’une couleur rare et magnifique, à un récit de vie à parcourir le monde, aux manières galantes de l’homme pour son amie, et surtout, à une rencontre qui laisse sur le cœur un sentiment de bonté dans le monde.

Car oui, il y a encore de belles personnes à rencontrer dans la vie, de façon inattendue. Cette petite histoire m’a fait sourire et réaliser qu’on a souvent tendance à voir les catastrophes et le négatif alors que partout, autour de nous, il y a du beau et du bon.

Tâchons de ne jamais l’oublier…

Ah, et j’oubliais… Elle a acheté ma table et je suis bien contente que celle-ci poursuive sa route avec une dame aussi charmante!

 

Photo : Unsplash | Gemma Evans

Le bonheur, au bout des doigts

Nitish Meena

Être intègre est à mes yeux une des clés principales de la paix d’esprit et de la sérénité. Écouter son cœur, son instinct, sa petite voix intérieure qui dicte là ce qu’on ressent réellement permet de se sentir léger et en phase avec ses convictions et ses valeurs.

Il n’est pas toujours facile ni évident d’agir ainsi et bien souvent, pour bien paraître, pour ne pas être jugé ou simplement à cause d’une certaine influence, on peut agir à l’encontre de son instinct. Mais ça finit immanquablement par nous rattraper et la leçon à en tirer s’impose d’elle-même, soit subtilement, soit brutalement.

J’aime penser qu’en vieillissant on acquiert une certaine maturité dans l’écoute et la perception de nos sentiments. Avec l’expérience qui s’accumule et les erreurs du passé, on apprend à mieux se connaître et on se révèle à soi-même. Au contact des autres, en discutant avec nos proches, on réalise nos forces et acceptent nos faiblesses. Car il faut être honnête, on en a tous et j’ai tendance à croire que ça fait un peu partie de notre charme. Quoi de plus désagréable que quelqu’un qui se croit parfait!

On avance, on essaie, on recommence, on tente, on expérimente et on se découvre. Parfois, on peut avoir peur, être craintif d’essayer de nouvelles choses mais bien souvent, c’est l’égo qui a peur d’être blessé plus qu’autre chose. Pousser ses limites, sans tomber dans l’extrême, est une expérience que j’apprends à apprivoiser. J’ai longtemps eu la trouille de faire de nouvelles choses car j’avais peur du jugement des autres, de ne pas être à la hauteur et qu’on me ridiculise. Je sais, à 37 ans, ça peut sembler enfantin mais j’imagine que dans ma jeunesse, une expérience blessante a dû laisser ses traces sournoisement dans mon esprit.

Un nouveau sport, une nouvelle activité, une nouvelle destination… Ça m’a longtemps effrayé au point de me priver d’une panoplie de belles découvertes, j’en suis certaine. Aujourd’hui, quand je repense à tout cela, je ne vis pas dans le regret car je sais que ça a fait partie de mon parcours, de mon apprentissage et que c’était nécessaire pour que j’arrive où je suis aujourd’hui. Ça ne sert à rien de se torturer de remords et de vivre dans l’amertume. Je préfère regarder en avant et me dire qu’il n’en tient qu’à moi de rattraper ce temps et de découvrir le monde.

Notre plus grand ennemi est souvent nous-mêmes et on doit se parler, calmer notre petit hamster et foncer pour que notre égo comprenne qu’il n’est pas en péril ni menacé. Un bon fou rire a toujours été la meilleure des réactions face à un échec ou une expérience qui ne se déroule pas comme prévu. Savoir rire de soi, c’est un art qui se développe et je crois que ça prend plusieurs tentatives pour y arriver réellement.

Essayer, tranquillement, de pousser un peu plus loin les limites de notre zone de confort permet de grandir, de se sentir libre et en vie, comme jamais. Pour certain, le simple fait de remonter à vélo représente un défi alors que pour d’autres, ça sera une ascension grandiose. Chacun à son rythme, on peut avancer et évoluer vers un état de grâce qui rayonne autour de soi.

Parce que le bonheur, c’est contagieux…

 

Photo : Unsplash | Nitish Meena

Lâcher prise pour mieux vieillir

Tim Marshall

Vous êtes vous déjà demandé ce que serait votre vie si vous aviez pris un chemin différent? Si vous aviez été une autre personne?

Je me sens parfois comme une extraterrestre dans ce monde qui va trop vite et qui est difficile à décoder. J’ai longtemps pensé que c’était moi qui devais s’adapter, qui n’était pas correcte ou adéquate. Comme si je ne savais pas comment faire ou que j’avais mal compris ce passage de mon apprentissage de vie. Vous savez le cours où l’on vous montre comment vivre dans une relation, comment vous y épanouir et être heureux?  Ou celui qui explique ce que c’est que de vivre en société? Je crois que je devais être malade cette journée-là, ou que je me suis assoupie sur ce chapitre…

Je me suis longtemps sentie à côté de mes pompes en société, comme dans un vêtement trop petit ou qui a un gros défaut dans une couture. La coupe te semble croche et tu ne sais pas trop pourquoi mais tu ne t’y sens pas à ton aise. Et bien dans la vie moi c’est comme ça que je me sentais et ça m’arrive encore aujourd’hui de ressentir un certain décalage, comme si je vivais hors champs.

Dans les relations personnelles, il n’y a pas de modèle parfait et unique pour que ça marche. Deux personnes s’accordent et font un bout de chemin ensemble. Parfois pour la vie, parfois quelques temps seulement. Celle qui plait à un de convient pas du tout à l’autre. C’est le grand bal des goûts, l’éventail grandiose des diverses personnalités.

La difficulté réside dans la connaissance de soi et une certaine confiance. On dit souvent qu’on doit s’aimer soi-même pour être capable d’aimer une autre personne. Sinon les blessures et les carences prennent trop de place et on a tendance à vouloir que l’autre les comble. Alors si on ne connaît même pas ses bobos, difficile de ne pas tomber dans le piège.

Mais même si on travaille à se connaître mieux, à comprendre d’où on vient et comment on fonctionne, la vie ne viendra pas déposer un colis de bonheur sur le seuil de notre porte. Le bonheur, il doit venir d’en-dedans d’abord pour jaillir autour et attirer les cœurs qui battent au même rythme.

Que ce soit pour des amis ou amoureux, si vous n’êtes pas accordés, vous risquez les flammèches et le désordre. Et du bordel, dans un petit cœur, ça ne fait pas du bien.

On passe beaucoup de temps à se poser des questions, à repenser à notre vie, à ce qui a bien été et ce qu’on aurait fait autrement tout en sachant qu’on ne pourra jamais changer le passé… Mais s’il y a bien une certitude c’est qu’on n’a aucune idée de quoi sera fait demain et que le mieux qu’on a à faire, c’est de rester nous-mêmes et de s’apprécier, de mesurer notre valeur et notre beauté, et de sourire!

Regardons en avant et tentons de trouver des connexions intéressantes, pour un verre ou pour la vie, pour les moments doux, les tristes, les éclatés et les extrêmes… L’amitié comme l’amour, c’est une arme féroce qui protège des malheurs et soulagent les peines. On est tous un peu spécial dans ce monde complexe et évolutif. Et se sentir parfois décalé est normal et porte à une réflexion, une pause, un certain recul. Soyons indulgents les uns envers les autres. Nous avons tous notre place. Et la vie des autres n’est pas meilleure que la vôtre. Lâchons prise sur nos travers et accueillions la vie qui nous est offerte, comme elle est, sans jugement. Ainsi, nous garderons nos cœurs jeunes et malgré le temps qui file à vive allure, nous ne vieillirons pas dans le regret.

 

Photo : Unsplash | Tim Marshall

Vivre autrement sa propre vie

Tikkho Maciel

On a tous entendu parler de familles qui vivent autrement, dans la nature, dans la simplicité volontaires, en accord parfait avec leurs valeurs et philosophie de vie. J’ai beaucoup d’admiration pour ces gens qui osent suivre leur chemin, qui plaquent tout pour tenter l’aventure qui les appelle. Que ce soit pour insuffler à sa famille des principes de respect de la nature, pour cultiver et concevoir de ses mains les biens nécessaires, se retirer de la vie stressante de la ville ou simplement, décider de changer de mode de vie, une telle décision représente une étape importante dans une vie.

Ceux qui me connaissent savent que j’aime le beau, les objets design, la modernité… Sans être une gadget happy, j’aime pouvoir profiter des innovations et du progrès… Mais est-ce vraiment du progrès quand on sait la pollution engendrée par nos bébelles, le transport requis, les conditions des gens qui ont construit ce qu’on se procure?

Je me souviendrai toujours d’une phrase d’une journaliste il y a quelques années qui disaient : si vous vous procurez un chandail à 7$, imaginez les conditions des gens qui l’ont conçu pour vous offrir ce beau morceau à rabais! On trouve ça une aubaine ici mais quel est le prix réel sur la vie des gens qui triment fort, au péril de leur vie?

Je travaille dans un domaine de pointe, dans les technologies qui font maintenant partie intégrante de notre quotidien. On ne s’imagine plus une journée sans consulter notre téléphone pour vérifier la météo, consulter nos courriels, trouver un commerce de proximité, vérifier les heures d’ouverture ou le trajet pour se rendre quelque part…

Alors qu’avant, on savait percevoir dans le fond de l’air une averse à venir, on se fiait sur notre instinct et notre mémoire pour retrouver sa route ou on arrêtait pour demander de l’aide, nous permettant un contact avec des inconnus souvent fascinants et chaleureux, on cousait, confectionnait et cuisinait pour notre survie, on communiquait par écrit et on avait la patience d’attendre la réponse par la poste pendant des jours, on se parlait au téléphone avec le timbre de voix nous permettant de percevoir l’état de notre interlocuteur…

Tout ça nous semble si loin alors que c’est pourtant encore si frais… C’est presque impensable d’imaginer tout ce qu’on a oublié, mis de côté et boudé au profit d’une technologie abrutissante et désarmante. On se prive de sensations, de contacts réels et de plaisirs pour en vivre plus et plus rapidement. Et on appelle ça le progrès…

Les vacances me donnent toujours un coup de fouet, un sentiment d’absurdité en me reconnectant à un rythme plus réaliste et cohérent. Prendre le temps de vivre, de sentir, de voir et d’entendre la vie autour de soi procure toujours un sentiment mitigé de déception et de bonheur.

Je crois que l’important est d’en être conscient, de savoir et trouver des moyens pour se garder branché sur cette source vitale, sur ce qu’on sent réellement et de parsemer notre vie de moment de lenteur et de contemplation. Et qui sait où la vie nous mènera!

 

Photo : Unsplash | Tikkho Maciel

Se présenter tel qu’on est

Tyler Mullins

Le principe des sites de rencontre m’a toujours autant fasciné que rebuté. La notion d’avoir un accès instantané à des milliers de personnes est intrigante et intéressante mais de voir défiler des profils comme on magasine des chaussures sur un site m’apparaît d’un mauvais œil. Comment peut-on juger une personne à partir d’une simple photo, statique et hors contexte, avec un nom d’utilisateur, une courte description si on est chanceux et quelques intérêts listés en vitesse?

À l’heure du numérique bien implanté dans nos vies, le concept nous paraît normal, voire positif. Pouvoir rencontrer des gens dont nous n’aurions jamais su l’existence avant est en soi un élément attrayant mais quand le jugement va plus vite que le battement des cils, ce n’est pas si rose. Et que dire des approches douteuses que certains prospects ont choisies?

Je suis une lectrice assidue de plusieurs blogues, enrichis de textes de divers rédacteurs et rédactrices enclins à partager leurs opinions sur la vie en général et c’est parfois attristant de constater à quel point il semble être presque impossible de trouver l’âme sœur sur de tels sites.  Il y a bien ces quelques histoires à succès dont on a tous entendu parlé mais dans la vraie vie, le nombre de mauvaises expériences, que dis-je, l’océan de flop ternit l’image de la rencontre virtuelle.

Et malgré tout, on continue d’essayer, de donner une chance, à se dire que de toute façon, c’est presque la seule manière valable de rencontrer quelqu’un puisqu’aujourd’hui, tout le monde a son nez rivé sur son téléphone alors le croisement de regard par hasard se fait plus rare.

Je réalise que le portrait que je dresse ce matin est un peu déprimant et terne mais sans être défaitiste, il faut tout de même avouer que la formule n’est pas tout à fait emballante. Je me demande quel est le taux de succès de ces plateformes et surtout si l’énergie dépensée à chercher, discuter et se dévoiler en vaut le coup. Et à quel point les gens reflètent leur vraie personnalité dans leur profil… j’ai vu beaucoup de fausse représentation et peut-être cela a-t-il altéré mon jugement de ces expériences… Ou peut-être ne suis-je simplement pas faite pour ce type d’échange virtuel, le réel m’attirant plus et permettant de ressentir plutôt que de calculer la compatibilité à grand coup de quiz ludique?

Bref… petite réflexion ce matin sur cette mer virtuelle d’âmes seules à la recherche d’une relation plus ou moins sérieuse. Je ne prends pas trop au sérieux ces démarches et j’y ai tout de même rencontré des gens intéressants quoi que peu compatible avec ma philosophie.

Et je préfère aller marcher dans le bois que de scruter les profils à la recherche du bon candidat. Au moins, si je croise un homme seul là-bas, je saurai au moins qu’on a déjà un intérêt en commun sans avoir vu une photo de son chest beaucoup trop tôt 😉

 

Photo : Unsplash | Tyler Mullins