Posts by "trouv" — Page 178

Être caméléon

Jeff Sheldon

Dans la vie, on peut décider de s’en faire pour tout, choisir d’être négatif face au changement, résister aux transformations… Mais en 2015, dans un monde où tout change à la vitesse de l’éclair, où les transformations sont monnaie courante et où l’adaptation est probablement une des plus grandes qualités qu’un citoyen peut démontrer, je crois sincèrement qu’il faut savoir se montrer ouvert d’esprit et accueillir le changement avec sérénité.

Dans mon domaine et en tant que consultante, j’ai eu mon lot de transformations et mouvements et je crois qu’avec les années, je suis littéralement devenue un caméléon. Je prends les couleurs de la place si on veut. Selon la philosophie de l’entreprise, le type de personnes qui la dirige, je m’adapte. Je ne résiste plus comme dans la vingtaine… C’est cela qu’on appelle choisir ses batailles? Peut-être… Du moins j’essaie de ne plus m’en faire avec des détails bureaucratiques qui de toute façon ne sont pas de mon ressort.

Mais la société change elle aussi, elle évolue et je sens parfois que les gens préfèreraient rester dans les anciennes méthodes ou les modes de pensée plus traditionnels. En lisant François Cardinal ce matin qui nous raconte sa vision de Saint-Lambert, « une drôle de bibitte que ce village urbain de la Rive-Sud, loin des cités-dortoirs qui l’entourent », je souris.

Il y a de ces endroits qui ont su évoluer, s’adaptes et qui décide de faire face à la transformation de la société. M. Cardinal nous fait part de la place des vieux dans cette ville et comment ses citoyens et dirigeants, d’un commun accord, ont accepté de mettre en place les éléments de succès qui feraient de leur ville un endroit accordé aux besoins des gens et à la nouvelle réalité. Mais en 2015, est-ce vraiment que « les vieux » qui représentent la nouvelle société? Ne sommes-nous pas rendus au point où le télétravail devrait prédominer? Il me semble que le 9 à 5 n’a plus sa place aujourd’hui mais les entreprises tardent à prendre le virage, frileux de perdre le contrôle et craintif de ne pas avoir sous leurs yeux les membres de leur équipe. Pourtant, partout dans le monde, de plus en plus de compagnies réalisent qu’il devient plus productif et sain pour leurs employés de leur permettre de travailler à distance. Finis les embouteillages, le stress du trafic, la lourdeur des déplacements laborieux… Commencer sa journée à la maison, sans se faire interrompre inutilement, sans devoir courir pour arriver à temps, trouver le stationnement ou subir l’entassement du métro…

N’est-on pas rendu là aujourd’hui? Qu’attend-on pour faire le « move », pour transformer notre réalité et cesser de tenter de trouver des solutions temporaires à des problèmes de fond? Il me semble que c’est le temps… Quand j’entends les informations sur la circulation à tous les matins, je rêve que les employeurs ouvrent leurs esprits et imaginent un monde plus fluide.

Peut-être suis-je utopiste mais si d’autres l’ont fait, pourquoi pas nous?

 

Photo : Unsplash | Jeff Sheldon

L’automne, la saison du réconfort…

Autumn Mott

Avec les nuits fraîches qui s’amènent, le soleil qui nous délaisse un peu, les feuilles qui colorent nos paysages, notre rythme change tranquillement. On ne veille plus sur la terrasse et les repas de salade laissent place à des saveurs plus réconfortantes. J’adore l’automne, c’est réellement ma saison préférée. La saison des gros pulls de laine, des foulards, des marches en forêt où l’on sent la nature s’endormir lentement, où l’on se prépare à passer plus de temps à l’intérieur et au cocooning.

Après l’euphorie de l’été, les milles et une sorties et l’abondance de verdure s’installe une saison qui m’apparaît nécessaire à l’équilibre humain. Celle du rythme scolaire, des petits plats mijotés et des grasses matinées sous la couette sans sentiment de culpabilité senti pensant l’été parce-ce-qu’il-fait-tellement-beau-dehors-on-ne-peut-pas-rester-coucher…

J’ai souvent eu envie de vivre ailleurs où il n’y a pas d’hiver. Je n’aime vraiment pas le froid intense ni la neige d’ailleurs et les sports d’hiver m’attirent très peu. Mais j’ai réalisé avec les années que cette période de ralentissement est nécessaire et que le cycle des saisons comme on le vit ici est très sain. On apprécie d’autant plus le printemps et l’été après un hiver rigoureux. Le printemps représente le renouveau, la nature qui s’étire après une dormance bien méritée et nos corps qui savourent le fait de ne plus avoir à s’emmitoufler dans de multiples vêtements chauds. Quand on retrouve le sentiment des rayons de soleil sur notre peau, on se sent revivre et on redécouvre les petits bonheurs extérieurs.

Cette suite de saisons assure une harmonie et permet au corps de refaire ses énergies à tous les niveaux, selon la période. Que ce soit la vitamine du soleil ou le repos pendant l’hiver, tout se tient et après un peu de recul, j’ai finalement compris que j’avais besoin de ces changements successifs. Dès qu’on s’habitue à une saison, elle se termine et on se réadapte. Nous n’avons pas à subir les tempêtes tropicales ou autres colères de mère nature. Dans notre coin du monde, tout est plus tempéré et malgré nos hivers parfois interminables, il demeure que la vie ici est merveilleusement stable.

Pouvoir apprécier les couleurs dans les arbres sans se soucier des bombes ou des tueries représente une source de paix inestimable. Quand je regarde ce qui se passe ailleurs, je me dis que nous sommes choyés par la vie d’être entourés d’eau potable et de nature luxuriante et surtout d’un endroit épargné par les guerres de pouvoir et/ou de religion. Rien n’est parfait, nous avons nos enjeux et il y aura toujours quelque chose à critiquer.

Mais malgré tout, quand je me lève au petit matin, je savoure le calme qui m’entoure et en enroulant mon foulard autour de mon cou, je souris. Je l’aime bien mon petit coin de paradis!

 

Photo : Unsplash | Autumn Mott

La vie en société : un amalgame de caractères…

José Martín

Quand on rencontre de nouveaux gens, on ne sait jamais à quoi s’attendre réellement. Comment seront-ils, comment me percevront-ils? On dit souvent qu’on ne refait jamais une première impression. À force de découvrir de nouvelles personnes, j’ai appris à décoder les comportements humains, à lire les patterns et réflexes et à prendre moins personnelles certaines réactions. Que ce soit la gêne, le manque de confiance ou d’estime, ou encore un égo démesuré, la raison qu’ont certaines personnes de réagir de façon, disons surprenante, leur appartient. Peu importe l’interlocuteur, certaines personnes « overreact », dramatise tout, sont sur la défensive ou refusent catégoriquement toute proposition ou discussion… Alors que d’autres seront réceptifs, collaboratifs et compréhensifs…

Pour avoir analysé mes moindres travers durant des années, j’ai compris que parfois, notre petit moi intérieur n’est tout simplement pas en état d’interagir. Mais quand on ne sait pas le détecter, on devient sa victime. On se laisse contrôler par ses émotions et celles-ci peuvent nous ruiner la journée sans prévenir. Combien de fois on s’est dit après un peu de recul : je n’aurais pas dû dire ceci ou faire cela… Sentir un certain regret suite à nos agissements.

Chaque personne voit les choses à sa manière et c’est tant mieux, car le monde serait très ennuyant si ce n’était pas le cas. Le respect doit toutefois demeurer au cœur de toute interaction avec autrui, peu importe le sujet ou le débat. Voir des gens se prendre la tête pour des détails anodins me fascinera toujours. Parfois j’ai l’impression que leur vie en dépend… Et je ne peux m’empêcher de sourire quand cela survient… Car j’ai déjà été cette personne qui perd le contrôle et qui se laisse submerger. N’y a-t-il pas une expression qui dit : quand on se compare, on se console ?

Je crois qu’il faut apprendre à se regarder aller, à sentir ce qui monte en nous et à connaître les déclencheurs. Car nous avons chacun nos propres zones sensibles, des sujets qui nous touchent plus et nous font monter la moutarde au nez. Il y a aussi des types de personnalités qui nous font réagir plus que d’autres, des traits de caractères qui allument la mèche et nous font réagir au quart de tour alors que notre ami ou collègue demeure totalement calme dans une même situation. L’important selon moi est de se connaître et d’apprendre à faire les liens entre les divers événements pour trouver les dénominateurs communs et éviter de se laisser contrôler. Je ne le répèterai jamais assez… Respirer un bon coup ne coûte rien et permet souvent de calmer la tempête interne.

Je souhaite à tous de trouver la paix intérieure qui leur permettra de se détacher des événements de la vie car personne ne devrait vivre du stress ou de l’anxiété pour un boulot ou une situation mineure. Aujourd’hui, je suis apte à terminer ma journée de travail et une fois les portes du bureau franchies, laisser derrière moi ce qui touche le boulot. Je ne me sens plus absorbée en tout temps, obligée d’être liée 24/7en ayant l’impression que c’est la bonne chose à faire. Dans le milieu professionnel, on nous fait parfois sentir nonchalant si on n’est pas joignable en tout temps. Comme si d’avoir une vie était mal…

Pour quiconque pense de cette façon, je vous l’annonce clairement : je ne suis pas « votre homme »! J’ai une vie, une famille, des amis et des activités. Et pour performer et vous livrer la marchandise, tout cela est nécessaire à mon équilibre. Sans cela, je deviendrais frustrée et aigrie. Et c’est sans doute comme cela pour la majorité des gens, même s’ils ne vous le disent pas. Pensez-y!

 

Photo : Unsplash | José Martín

L’éducation n’est pas une dépense…

École

Quand j’étais plus jeune, et même à mon arrivée à Montréal, j’envisageais de devenir enseignante, comme mon père. Quand on me demandait vers quelle carrière je me dirigeais, je répondais systématiquement : prof de français… En lisant la chronique de Patrick Lagacé ce matin dans La Presse+, j’ai réalisé à quel point j’ai été chanceuse de dériver de mon chemin original pour finalement m’en aller en techno.

Si vous avez lu cette chronique, une suite de plusieurs sur l’enseignement, vous aurez peut-être comme moi senti un certain malaise face à la situation. Une enseignante y relate des faits troublants sur sa propre réalité de prof qui en arrache, qui doit faire des choix car il est impossible pour elle de donner à tous, de façon égale. Imaginez-vous un instant devoir choisir de laisser tomber un jeune élève car vous êtes à bout de ressources… Quel est l’impact psychologique sur votre état d’un tel choix?

Aujourd’hui, en 2015, j’ai une belle carrière mais elle est virtuelle. Je dis souvent que je ne réalise rien de concret, que tout ce que je fais est intangible. Mais quand je lis ce type de chronique, je réalise que mon insatisfaction face à l’immatériel n’est rien comparativement à être confronté à laisser tomber des petits humains tout simplement parce que l’état de permet pas de s’occuper de tous…

Quand on songe que ces enseignants sont souvent une source d’inspiration pour nos jeunes, une sorte de guide qui les aidera à garder le cap, qui les amènera à se connaître et à choisir leur voie pour l’avenir… je trouve cela extrêmement désolant de constater que plusieurs n’ont d’autres choix que d’abandonner et de changer de carrière après quelques années pour ne pas y laisser leur santé mentale et physique. Que ces personnes clés dans la vie des enfants déclarent forfait parce que le système ne les appuie pas.

Mon père se retourne surement dans sa tombe en ce moment de voir ce que l’on fait de nos écoles, lui qui a passé sa vie dans le milieu de l’enseignement. Est-ce que nos gouvernements et dirigeants réalisent qu’on ne parle pas ici seulement de budget et de colonne de chiffres? Alexandre Taillefer à la radio ce week-end a dit une phrase qui résume pleinement ma pensée : L’éducation n’est pas une dépense, c’est un investissement.

Si le gouvernement arrêtait de voir le tout comme une charge dans son budget et misait plutôt sur l’avenir, s’il était visionnaire et était en mesure de voir les effets positifs à moyen et long terme au lieu de seulement penser à ce que ça représente sur son budget annuel, on n’en serait pas là… Je suis dégoûtée et malheureusement je n’ai entendu personne dans l’appareil gouvernemental avoir une vision cohérente et pertinente de l’avenir de l’éducation. Quand j’entends dire qu’on a besoin d’une réforme, j’ai seulement envie de crier : on n’a pas besoin d’une réforme, on a besoin d’une vision claire!

Une vision de nos jeunes soutenus, accompagnés et priorisés, une vision d’un système épuré de sa lourdeur administrative qui s’embourbe dans tellement de bureaucratie qu’il est impossible d’y faire évoluer quoi que ce soit, une vision d’un environnement sain autant pour les enseignants que leurs élèves, un endroit où règne la soif de savoir et de découverte…

Aimer ou attendre trop de l’amour…

Scott Webb

Hier, j’ai partagé sur mon profil Facebook personnel, un texte d’une jeune blogueuse du site des Nerds. Celle-ci s’exprimait sur les relations amoureuses et sur la façon dont les gens gèrent leurs attentes face à une nouvelle flamme. Étant assez d’accord avec elle sur le fait qu’aujourd’hui les gens s’attendent souvent qu’après 3 rencontres on puisse déterminer si la personne sera notre compagnon de vie pour les 30 prochaines années, j’ai laissé ce texte murir sur mon mur sans y réfléchir. Puis une amie a réagi en mentionnant que l’auteure confond être bien avec quelqu’un et être en amour.

Et je me suis mise à réfléchir à cette affirmation. Je crois que chaque personne a sa propre vision de l’amour et des relations et qu’en fait c’est probablement ce qui cause autant de disparité entre les gens. On a tous notre bagage, notre historique, nos modèles et souvent on ne l’exprime pas si bien que ça. De ce fait, lorsque l’on rencontre une nouvelle personne, dans notre tête c’est si clair ce que devrait devenir une relation durable et solide mais on oublie parfois que l’autre n’a pas le même vécu que nous et donc ne voit pas les choses de la même manière. Sans compter le fameux : les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus… Qui, sans en faire une référence scientifique, a tout de même démontré une vision assez différente de la vie de couple entre hommes et femmes…

Qu’en est-il aujourd’hui de la vision d’un couple? Après des générations qui se faisaient un devoir de demeurer en couple malgré un amour absent, des gens qui ont entretenu leur relation sur la base de l’amitié pour les enfants et qui se réveillent parfois un bon matin ne sachant plus trop qui ils sont… Et de ces couples « parfaits » qui nous explosent en plein visage et nous font réaliser que nous aimons tellement voir les choses plus roses qu’elles ne le sont… Je me demande ce que l’auteur John Gray aurait à dire en ce 2015 bien avancé des relations amoureuses.

Honnêtement? Je ne suis pas certaine que ça ait changé tant que cela… À voir autant de femmes avoir toujours autant d’attentes et une vision du prince charmant quasi inatteignable, je crois que le seule gros changement dans l’histoire est qu’aujourd’hui les femmes sont plus autonomes et peuvent donc se permettre de ne plus dépendre financièrement d’un homme pour vivre leur vie. Mais être indépendante ne vient pas avec un package de gros bon sens nécessairement. Être capable de payer son hypothèque n’enlève en rien le désir de vivre à deux, de se blottir dans les bras de l’autre et d’apprécier la présence d’une personne aimante, de confiance et partageant nos valeurs. Mais si on a l’impression qu’on dit savoir si « c’est le bon » après 30 minutes de rencontre, on peut attendre longtemps avant de trouver « le bon ». Car le bon, pour le trouver, on doit lui donner la chance de nous toucher, de nous partager sa vision, on doit vivre des choses ensemble pour que toute la complexité de son être nous soit révélée. Et cela ne se fait pas entre 2 gorgées de vin lors de la 2e date… Notre ère de l’instantanéité et du virtuel est-elle en train de tuer l’amour?

Ça vaut au moins la peine de se questionner… Car c’est en se posant des questions que l’on prend conscience de bien des choses…

Pour lire le texte à l’origine de cette réflexion

 

Photo : Unsplash | Scott Webb